Larguer les amarres depuis un quai ou un ponton est un geste fort et lourd de responsabilité. Le seul lien qui reliait le #Bateau au "monde des vivants", comme le cordon ombilical reliait sa mère à l'enfant, est coupé. Venir sur ce monde liquide et glisser sur un abîme dont nous ne sommes que les hôtes à peine tolérés, engendre une angoisse que tous les marins, même les plus aguerris, connaissent. C'est par ce geste que l'aventure commence. L'Homme est une anomalie sur la surface liquide. Sa présence y est incongrue, presque illogique. La remise en question est totale, servie par les nécessités liées à la prise de risque et aux besoins d'assurer un déplacement le plus sécurisant possible.

 

Sur l'eau nous mesurons à quel point l'être humain est insignifiant.

 

Au milieu de l'Atlantique, entre ciel et mer, l'horizon infini pour seul repère, nous prenons la mesure de notre insignifiante existence. Poussé par les Alizés tièdes vers une destinée caraïbe, le bateau, ce frêle esquif, emporte avec lui des odeurs que l'océan aura fini de laver avant d'arriver à destination. Les bruits vont s'estomper, laissant la place à un clapot léger et rassurant, une litanie suave et apaisante. L'étrave fend l'eau comme un couteau tranche le pain. Les voiles sont gonflées d'un souffle régulier. S'installe alors la routine dangereuse des transats.

 

On a l'impression d'être seuls au monde, abandonnés de tous, livrés à notre sort. Mais lorsque la nuit fait son devoir, l'océan s'éclaire étrangement de quelques petits points telles des bougies posées sur l'eau. Et cette solitude supposée s'efface devant la réalité de la vie, celle que l'on croyait être les seuls à vivre au milieu de néant liquide. Ces leçons d'humilité que nous impose cet interlude marin est comme une résurrection, un lavage de l'esprit et du corps. Pas de téléphone portable, pas de lettres recommandées, pas de journaux télévisés... et si c'était tout simplement cela le bonheur !

 

Notre société en plein chaos, en pleine agonie et désespérément perdue, devrait mettre en place un plan de "reprogrammation" de tous ces désoeuvrés dangereux et haineux qui occupent trop d'espace dans nos rues. Ces cagoulés boutonneux qui se croient les maîtres d'un monde qu'ils ne connaissent qu'au travers de leurs consoles de jeux, matériel de renfermement sur soi, inhibiteurs de l'intelligence et propagateurs de l'inculture, prétendent prendre en main une société qui les a trop dorlotés, trop flattés et qui va s'en mordre les doigts. Les quelques neurones de cette faune préoccupante ne hanteront pas les travées des bibliothèques. On casse du flic sur les jeux vidéos comme on en casse dans la réalité, car pour ces gens faibles, la réalité et la fiction ne font qu'un. Auparavant on parlait du pouvoir des livres.

 

Ah, si seulement ces moutards savaient lire !

 

Si on les mettait au pied d'un grand mat en leur ordonnant d'aller jusqu'à la vigie vérifier que l'horizon est dégagé, ils prendraient soin de s'agripper aux échelles de haubans bien plus fortement qu'à leurs barres de fer et pavés. Ils prendraient conscience, peut-être, que leur vie en dépend, que leur misérable existence ne tient qu'à un fil. Notre société, c'est à dire nous tous, a engendré et entretenu le mal qui maintenant la fait courir à sa perte. Ces "petits chéris" qui crachent sur les symboles de notre civilisation dite "évoluée" nous ramènent à l'âge de pierre.

 

Quel monde pour demain ?

 

"Ouvres ta fenêtre et tu le sauras !" Lorsque ces analphabètes auront terminé de briser les vitres et incendié des voitures de police, ils prendront le temps de créer une famille. Quel monde formidable ! La relève est assurée. Finalement, ce n'est peut être pas un inconvénient de vivre une existence à la durée limitée. Il y a des évidences dont le futur proche ne s'enorgueillira pas. Si seulement nous pouvions vivre en mer en permanence... #Education #Révolution