Ces réunions spontanées, théoriquement hors la loi puisque défiant les règles de l'état d'urgence, s'inscrivent dans la continuité de réunions programmées initialement par des mouvements de syndicats, d'étudiants et de lycéens pour s'opposer au projet de loi travail. En perte de vitesse dans l'opinion publique, ne regroupant que quelques centaines de personnes, ce "sitting" vaut-il vraiment la peine que l'on en parle autant ? Il est de plus en plus évident que le soutien de la gauche apporté à ces meetings "amateurs" vise surtout à contrarier la droite (contre à 70% ) et probablement à s'approprier une part des éventuelles retombées d'estime, ces dernières ne concernant que des "soixante- huitards" frustrés de ne pas conclure une carrière militante par un baroude d'honneur.

Danton et Robespierre auraient-ils apprécié ?

Tel que le souligne justement un ami, Danton et Robespierre aimaient aussi parler la nuit et dormir le jour. Les révolutions commencent toujours par la bourgeoisie et pour le moment, cette dernière ne bronche pas. Ce n'est donc pas demain la veille que les barricades vont pousser à l'ombre des immeubles haussmanniens et ces noctambules très en verve offrent aux yeux du monde une version finalement encore très "franchouillarde" des nuits parisiennes. Les touristes doivent apprécier. D'autant que ces meetings n'ont rien de nouveau, sauf pour beaucoup de cette génération qui découvre enfin les bienfaits du dialogue sans smartphone. Bien des citoyens rêveraient de voir les choses aller mieux ; c'est un souhait quasi universel et permanent. Ah, cette quête du bonheur ! Le problème, pour un trop grand nombre de ces personnes, c'est que le bonheur dépend de l'autre. "La faute de l'autre..." "à cause de l'autre..." "C'est pas ma faute, je n'y suis pour rien. Ce n'est pas moi c'est toi !" "La faute à la société..." Mais nous sommes la société !

Et si un jour on donnait enfin la parole aux gens heureux.

Partant du principe que le français est mondialement reconnu pour son insatisfaction perpétuelle, il ne sert donc à rien de faire un sondage afin de connaitre la proportion des heureux. En France, pour exister il faut ronchonner du matin au soir, pleurnicher pour se faire plaindre, s'apitoyer sur son sort. A côté de cela, Bison Futé ne sait plus où donner de la tête pour contrôler les bouchons des départs en vacances. Les français cumulent tant de RTT que la plupart des entreprises ne peuvent même plus les allouer. Le mot qui revient le plus souvent dans la bouche du citoyen, c'est "vacances", accompagné souvent, il est vrai, de "météo". La France est probablement le seul pays au monde où la télévision diffuse autant de bulletins météo en une journée. Les livrets A débordent, le système social est d'une largesse exceptionnelle, on diffuse des bulletins spéciaux pour dire aux 70 millions de citoyens à quelle heure ils doivent boire et quelle quantité, à quelle heure ils doivent se tartiner de crème solaire... Notre pays est, à n'en pas douter, un véritable enfer !

Et ces malheureux qui restent debout dans la nuit, pendant que d'autres sont douillettement installés sous la couette...

Tout le paradoxe français. Il y en a qui se croient déjà arrivés à l'étape espagnole "Podemos". Probablement des opportunistes en rêve de carrière #Politique. Des utopistes. Car non, personne au fond ne souhaite que tout change. Si tel était le cas, Hollande ne serait pas en train de squatter le palais de l'Elysée. Quand on a des envies de changement, on vote en conséquence. Les révolutions ne se font pas dans les boudoirs, ni sur les places. Les places servaient à installer les guillotines. Le peuple français est fondamentalement le plus heureux de la Terre, et c'est bien dommage qu'il ne s'en rende pas compte. #Démocratie #Paris politique