François, c’est du sentiment à l’état pur, malgré des apparences dures et froides. Je n’entrerai pas dans l’énumération de ses nombreuses qualités humaines. Il n’en serait que gêné et dans ce cas, il foncerait aveuglément comme un taureau devant un tissu rouge. Ce qui m’a poussé à lui proposer cet échange, c’est son côté hyper-cartésien, et son horreur des phrases toutes faites. Je ne me suis pas privée. Je lui ai énoncé quelques phrases toutes faites, tirée de mes lectures, afin de provoquer l’une des réactions dont lui seul a le secret.

 

"Le projet est le brouillon de l’avenir.  Parfois, il faut à l’avenir des centaines de brouillons". (Jules Renard)

Un projet, c’est ce qu’on tend à réaliser à tout prix, contrairement aux rêvasseries stériles. Bien sûr, on peut rêver, mais ça n’aboutit pas très souvent à quelque chose de concret. Alors, les gens s’étonnent d’être déçus. Un "vrai" projet, c’est mettre tout en place pour que ça réussisse. Il faut tenir compte des tenants et des aboutissants, voir ce qui est possible en fonction de nos capacités, savoir si on doit s’entourer (et bien sûr, de personnes compétentes), ou bien s’il vaut mieux travailler seul. Et on doit aussi savoir si on fait ça pour nous-mêmes et notre bien-être, pour la renommée, ou pour l'argent.

 

"Quand tu lances la flèche de la vérité, trempes-en la pointe dans du miel". (Proverbe arabe)

Tout ça parce que les hommes ne sont pas capable d’admettre la vérité. Chacun a sa vérité propre, et il se trompe gravement s’il essaie de l’imposer aux autres. La seule vérité universelle, c’est qu’on naît, on vit, on meurt. Et chacun fait ça à sa façon.

  

"La mort est une possibilité que chacun porte en soi a chaque instant". (Marcel Achard)

Possible ? Oui, si on milite pour l’euthanasie et pour le droit au suicide. Chacun dispose de sa propre vie comme il l’entend ! Mais dans les cas  contraires (et ils sont nombreux), c’est une fatalité. On y passe tous. L’idéal, c’est de la passer le mieux possible…

 

"Ne pas monter bien haut, peut-être, mais monter seul". (Edmond Rostand)

Pourquoi pas haut ? On peut être seul sans manquer d’ambition. C’est dépendre des autres qui est nul. Quand on te pistonne, tôt ou tard, il y a un salaud qui vient te dire, avec un sourire mielleux : "Après tout ce que j’ai fait pour toi…". Et là, tu te sens obligé de lui frotter la manche, car tu te sens coupable. Les gens qui aiment donner sans attendre que l’autre devienne lèche-botte, c’est presque un mythe. J’en connais peut-être un ou deux au grand maximum.

 

"Quand on y croit, on a plus de chances de réussir". (Helen Keller)

Quand on n’y croit pas, on stagne, alors, aucune chance de se planter vu qu’on n’a rien entrepris ! Bien sûr qu’il faut croire en sa propre réussite ! On a été éduqués à affronter l’échec, mais pas à réussir. Les gens sont paumés quand ils ont une promotion, qu’ils gagnent au loto, ou bien qu’ils ont enfin dans leurs bras la personne qu’ils aiment. Dès le berceau, on te dit que ce sera dur d’avoir un bon job, qu’il ne faut jamais trop compter sur la chance et qu’un mariage sur trois se termine par un divorce. Alors, oui, faut y croire, mais raisonnablement, sans faire dans l’utopie imbécile et aveugle. Sinon, ça servirait à quoi de vivre ?

 

"Ne pas perdre patience, même si cela semble impossible, c’est déjà de la patience". (Proverbe japonais)

Les patients font preuve de patience, les impatients ne savent pas attendre quoique ce soit. Je n’aime pas du tout cette philosophie orientale. C’est poussif, ça enfonce des portes ouvertes, ça pousse ceux qui y croient à la béatitude passive, bref, ça ne fait rien avancer… en tout cas, de mon point de vue de philosophe occidental.

 

Merci de ces avis novateurs, bien que je ne puisse pas adhérer à l’ensemble de tes propos...

  

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Le courant du scepticisme et ses limites #Psychologie #Réflexion métaphysique #Société