Je n'ai jamais eu de véritable inclinaison pour les percepteurs et tout ce qui ressemble près ou de loin à un brave garçon travaillant pour les impôts et autres taxes. Il faut bien travailler me direz-vous, et je comprends qu'on puisse céder à la tentation. Mais cela me semble manquer un peu de panache. Tenez, prenons le cas, par exemple, d'un type comme moi... au hasard... En 1983, je fus le premier de l'histoire de l'administration des PTT à avoir démissionné en tant que titulaire. Je n'en tire aucune gloire, mais je suis conscient de l'avoir échappé belle ! J'aurais pu continuer jusqu'à ma retraite à faire semblant de bosser au moins 5 heures par jour. Ce type de sursaut désespéré est donc à la portée de tous.

 

Bien entendu, toutes les vocations ne sont pas aussi peu exacerbées que la mienne. Je préfère considérer mon erreur d'aiguillage comme une expérience profitable, et je me garderais bien de juger ceux qui ont opté pour ce type de carrière. Alors finalement, pourquoi pas percepteur ? Il faut bien faire quelque chose de sa vie...  

 

La fonction publique est d'une grande utilité pour tous les pays. Ces travailleurs de l'ombre représentent souvent ce qui se fait de plus efficace dans la volonté de faire marcher droit la patrie (je suis tout de même un brin ironique...). Par contre, dans les années 80, lorsque l'on était admis à un concours d'admission au sein de la recette principale des postes de Versailles, une enquête devait démontrer qu'aucun voyou ne partageait les gènes de l'heureux futur fonctionnaire. Si le recrutement devait aujourd'hui se faire dans un cadre aussi strict qu'il l'était à l'époque, tous les ministres seraient virés. Dans quelques mois, un repris de justice devrait se présenter aux élections présidentielles françaises. Il est actuellement maire de Bordeaux. Si ça, ce n'est pas une dégringolade inquiétante...

 

Trouver du plaisir, voir développer une passion à collecter les impôts, sincèrement je ne vois pas. Mais je ne vais pas me focaliser sur cette magnifique carrière : certains diront "il en faut". Bon, j'admets que c'est important pour un pays moderne de pouvoir compter sur les impôts pour se financer. Par ailleurs, cela permet aussi aux politiques incompétents (ils sont vraiment nombreux...) de ne pas avoir à se fouler pour remplir leurs fonctions.

 

La rentabilité étant un terme banni du langage politique, les gouvernements n'étant malheureusement pas soumis aux mêmes règles de marché que les équipes dirigeantes des grandes entreprises, être bon ou nul n'impacte pas leur carrière pépère. Et puis quand le budget dérape, il suffit d'augmenter la charge fiscale. Les impôts, c'est vraiment le bonheur de ceux qui en profitent directement et sans scrupules. La rustine miracle, le parfait substitut au manque de compétence.

 

Moi, j'ai décidé de coucher avec mon #Cheval. Le percepteur, je ne le connais pas, et je trouve que mon cheval à l'esprit ouvert. En plus, je peux le brosser à rebrousse-poil, lui taper gentiment sur la croupe, jamais il ne hausse le ton, jamais il ne m'envoie de lettres recommandées. Mon cheval il ne me prend rien. Il me donne tout ! #Finances #Bordeaux politique