Une interrogation : pourquoi les français ne disent-ils plus bonjour ? Pourquoi tournent-ils la tête quand on les croise ? Rentrent-ils dans les commerces sans saluer ? Pourquoi ce signe de civisme, social, humain et de bienveillance, s'éloigne peu à peu de la mentalité française ? C'est un phénomène actuel très surprenant alors que tout le monde se plaint de solitude. On dit "bonjour" sur le clavier, mais à la croisée d'un être humain, cela devient surhumain.

 

A-t-on changé d'apparence tant que ça ? Cette coutume de courtoisie, de souhaiter une bonne journée à toutes les personnes que nous rencontrons, est devenue étrange, et parfois la formule est même transformée et perçue comme signe d'agression. L'expression "bonjour" fait peur à celui qui doit la prononcer et à celui qui l'entend. Alain disait dans ses Propos de 1930 : "Le premier sens de ce mot, celui qui porte tous les autres, vient d'un air ouvert, bienveillant, confiant, hospitalier,...".

 

Aujourd'hui, dans la société française le mot "bonjour" perd toute sa valeur primitive. Il est signe de faiblesse, de crainte. Il apparaît dans sa sonorité revêche, rébarbatif même, inaccueillant, voire même ingrat et inaccessible. Lors de promenades dans les parcs, aux bords des lacs, l'autre tourne la tête comme si de rien n'était ou la penche tant qu'elle toucherait le sol. On répète un peu plus fort mais l'autre est sourd, on se rassure. Mais le pire est quand la personne ignorant l'autre se met à l'épier discrètement du coin de l'oeil.  Et pourquoi les commerçants ne disent plus "bonjour" ? Mystère ! Ils se plaignent de manquer de travail et ils manquent l'opportunité d'être commerçant. Le pire sont ceux qui donnent des leçons en public, et qui, une fois seuls, vous dénigrent.

 

Et lorsque vous leur rappelez de les avoir vu et entendu en ce moment précis, ils vous répondent qu'ils ne sont pas physionomistes ou qu'ils ne vous ont pas vu car ils étaient ailleurs. Un ailleurs surprenant se rattachant à jouer à esquiver ses congénères dans les lieux publics. Toutefois l'étranger, celui que l'on ne connait pas. - voyons la réaction ! - et bien on le méprise, on le désestime, on le mésestime... C'est un être aussi semblable que soi qui ne demande que le respect et pourtant... De connaissance en reconnaissance, on ne se reconnait plus. L'estime se fond dans le décor de nos paysages que les valeurs s'essoufflent à redonner vie. Celui que l'on ne connait pas, c'est un être aussi semblable que soi qui ne demande que le respect. Gardons espoir !

 

Interview du DAMOISEAU

La bienveillance envers les handicapés, qu'en penser ?                   #Education #Société