Ce matin, dimanche, inutile de s'attendre à de l'agitation. Ils ou elles attendent un match. Un match avec la France comme héroïne ayant la lourde charge de redresser les manquements politiques d'un pays au goût amer de liberté perdue. Les joueurs sont payés pour rendre à ce pays la joie qu'il n'est pas capable d'inventer. Il s'agit tout au plus de dupliquer 1998...

 

L'Europe se porte mal. Les anglais l'ont quittée. Refus de la misère financière. Une autre Europe se dresse aujourd'hui : celle du sport, de la compétition et de ses règles. Le foot a ses règles, ses arbitres. On refuse la triche. Elle est sanctionnée. Il y a quelque chose de l'ordre de l'arène romaine sur le terrain de foot, avec la plèbe qui trouve dans ce jeu un intérêt commun : la victoire de son équipe.

 

Leçon politique ? Peut-être. Le sport est un modèle de régulation des passions. Aristote disait cela de la tragédie. Catharsis ou "purgation" des passions fortes, celles que la société ne peut accepter pour son bon fonctionnement. Avec leurs grimages, leurs maquillages, leurs cris, les supporters forment un nouveau carnaval des fous.

 

Défoulement autorisé dans une société de la contrainte, de la surveillance où le corps est sous contrôle de l'Etat, dans ses moindres mouvements, du fait de la terreur et des risques de l'imprévu. Paradoxe d'une société qui a peur et compte ses victimes.

 

Ce soir c'est la fête. On lâche du lest. Pour mieux resserrer les boulons après. Le match c'est l'exception de l'irruption de la joie dans une Europe de la misère. Dans cette Europe là on décide à votre place. On connaît les gagnants. Il n'y a pas de suspense. L'écart de la liberté de jeu est nul.

 

Ce soir, on va rêver de liberté, de jeu, de cadre, mais aussi d'imprévu, d'imprévisible. Le ballon se déplace, au sol, dans les airs, s'approche du gardien, rentre dans la cage ou la frôle. On crie, on rit, on pleure. Les joueurs font équipe, se distribuent les rôles. On les soutient, les acclame. France/Portugal ou le jeu de la rencontre. Au bout, une victoire. Celle du foot oui, mais aussi celle d'hommes et de femmes qui attendent la surprise et nous disent que rien n'est perdu. De la routine, du quotidien apeuré, de la liberté ...la surprise peut surgir.

 

Alors bon match !

 

Nouvelles estivales. Portraits

Nouvelles estivales. Portraits II

Nouvelles estivales. Portraits III #Football #Equipe de France #Euro 2016