Au coeur de nos villes, ce que nous aimons c'est : nous asseoir, prendre le temps tout en flânant, manger un bout entre midi et deux, et si possible au soleil, balader nos regards, s'arrêter au gré des moments, dessiner, observer. Un centre-ville est un coeur, plein de vie et d'envies. Un banc public a toute une histoire.

 

Siège, dossier ou sans dossier, avec accoudoirs ou non, en bois ou en métal, il est fait pour s'asseoir à plusieurs, lire le journal, pour s'arrêter, faire une pause, tout seul ou à plusieurs. Le banc est celui aussi des amoureux, des gens qui s'aiment, des gens qui retardent le moment de se séparer, celui où on oublie tout, celui de Georges Brassens. Apparu en même temps que la ville, on le nommait même exèdre. Banc demi circulaire dans les absides, il a été aussi celui de la conversation. Il suit la forme demi-circulaire pour faciliter les échanges, se relaxer, partager mais aussi enseigner. Il est l'élément poétique qui porte en lui tout un imaginaire.

 

Et puis peu à peu avec le temps, le banc est devenu plus petit, individualisé, voire inconfortable, un peu plus dur que d'habitude, inhospitalier à notre corps. Les bancs commencent peu à peu à disparaître de nos rues, de nos places, de partout. A partir des années 2015, certaines villes suppriment carrément cet élément sympathique de nos vues, cassant la convivialité et le charme. Pourquoi ? Incompréhensible, de nombreuses personnes vieillissantes sont touchées, les invalides, les femmes enceintes, les adeptes, les faiseurs d'histoires, ceux qui aiment se rencontrer.

 

Bref pourquoi ? Après une recherche sur la motivation de l'ablation de ces éléments qui punissent tout le monde, nous avons découvert que la raison est l'antithèse de sa fonction même : faire disparaître, éclater les lieux de rassemblement de SDF, comportement peu civique et humain. Et pourtant, "une planche sert de banc et, derrière, trois petits guichets horizontaux éclairent la cave. Cela peut suffire à donner du bonheur", Le Corbusier.

 

Et soudain tout change, Gilles Legardinier

L'instant présent, Guillaume Musso #Société