J’avais fait mon "coming out" il y a quelques années et depuis, je ne me suis plus cachée du fait que j’aimais les grandes compétitions de #Football telles que le Mondial ou l’Euro. Aujourd’hui, je retourne complètement ma veste : le football, il ne m’en faut plus. Non pas à cause des nombreuses tractations financières que l’on soupçonne pas si douteuses mais au moins démesurées, mais parce que je ne supporte plus de voir les joueurs "peopelisés" tels des vedettes de téléréalité.

 

Bien que supporter (ou plutôt ex-supporter, devrais-je dire), je n’en demeure pas moins femme et je n’ai pas honte d’avouer que durant les hymnes nationaux, je regardais attentivement le visage de chacun des joueurs. Mes réflexions n’étaient certes pas de haut niveau. Je ne pouvais m’empêcher de dire qu’Untel semblait s’être fâché avec son coiffeur, qu’un autre paraissait bien petit ou qu’un dernier louchait. Mais ces remarques en restaient là. Sitôt le premier coup de sifflet, je restais concentrée sur le jeu à proprement parler. Bien sûr, je ne pouvais m’empêcher de m’exclamer : "Mais y a hors-jeu !", ou "Ca, ça vaut quand même un carton jaune", voire, summum de mon extraversion "Mais il a mangé une double portion de tournedos Rossini avant de monter sur le terrain, celui-là !". Et je me fichais éperdument que l’un soit plus beau gosse que l’autre, de même que de leur vie privée.

 

Mais au milieu de cet #Euro 2016, en naviguant un peu au hasard sur le net, je tombais immanquablement sur l’exhibition des compagnes, des gosses, voire de la famille toute entière des joueurs. J’ai cru faire une attaque quand j’ai vu le derrière d’une de ces épouses sanglé dans un short trop court et trop étroit, surtout que cette image a été largement plus commentée et partagée que les faits footballistiques du joueur lui-même. Et que dire de la surexposition des photos d’enfants, parfois à peine nés, prises par ces femmes trop surfaites à mon goût ? Quand je regarde un match, je me contrefiche de ces bimbos et de leur progéniture. Je veux seulement voir 22 joueurs mener leurs deux mi-temps avec art et brio. Est-ce trop demander ?

 

Bien entendu, je me suis posé la question du pourquoi de cet étalage outrancier. A mon sens, et j’insiste sur le fait que mon opinion est tout ce qu’il y a de plus subjective, je pense que d’abord, le "ZahiaGate" des Bleus a amorcé cette mode de montrer de ravissantes potiches, visiblement heureuses et comblées, au bras de leurs sportifs de première division. Ensuite, il y a la loi de l’offre et de la demande : depuis le début des années 2000, le talent seul n’est plus vendeur. Il faut y rajouter d’office des tonnes de strass et de paillettes, de jolies pépées ainsi que les interventions du gentil papa ou du charmant bambin.

 

La star, qu’elle soit artiste ou sportive, doit actuellement montrer son intimité, de préférence dans le sens où les lecteurs de la presse people l’attendent. Etre un excellent butteur ne suffit plus. Il faut maintenant poser telle une starlette au festival de Cannes, ne pas tarir d’éloges sur sa propre famille, ascendante ou descendante et bien sûr exhiber un maximum de "Belle Gueule Attitude". J’en suis presque à regretter les sorties provocatrices de Zlatan Ibrahimovic qui, en plus d’être un bon joueur, est une tête à claques de premier ordre.

 

Mais où sont donc les élégants sportifs, entièrement tournés vers la compétition, évitant toute publicité dénaturant leur vocation ? Mon petit doigt me dit que ceux-là sont tous à la retraite et depuis bien longtemps. Comme une idiote, je voulais du pain et des jeux. Mais ce jeu-là, je n’en veux plus et, désormais, je mangerai mes tartines sans beurre. Vous comprenez ?

 

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