En ce promenant, par-ci, par-là, nous découvrons des lieux très insolites, parfois dans le bon sens du terme, et parfois dans un sens dépréciatif. Certains endroits nous arrêtent nets. Et après une lourde interrogation sur la motivation et le cahier des charges qui ont conduit à mettre en place un tel exploit tout en contradiction, nous en restons très souvent pantois.

 

En effet, suite, soit-disant à un projet mûrement réfléchi, une municipalité a décidé de mettre en valeur son patrimoine, mais aussi d'aérer son coeur de ville, par la création d'un petit parc charmant avec herbe, olivier, pas japonais, murette, en résumé un fond exposant tous les jalons d'un espace idyllique, bucolique presque, bien mis en valeur pour en faire bénéficier les usagers, c'est-à-dire autant les habitants que les commerçants des alentours et bien sûr les touristes. Une au-bai-ne ! un lieu d'oi-si-ve-té !

 

Planches de projets présentées très bien dessinées, colorées, vivantes, dynamiques, illustrées par des zooms et des angles de vues très judicieux. Tellement judicieux, que les architectes ont oublié de les regarder. Mais surtout de les dessiner eux-mêmes. Nous y voilà ! Voici la recette de la faille qui fait mal aux yeux, à vivre au quotidien. Nous prenons une cour de presbytère en centre ville ainsi que ses garages que l'on découpe en 2 parties : une partie pour la voiture du prêtre jointe à un tout petit parvis, et de l'autre coté une oasis ! Une oasis d'incompréhension. Un terrain rectangulaire gazonné avec, en son milieu, de part et d'autre, des dalles de pas rectangulaires, une murette toulousaine de 80 cm de hauteur qui encadre ce terrain sur deux côtés, impeccable, en son giron un très beau olivier, splendide ! Jusque là tout va bien.

 

Et puis, tout d'un coup, nous avons un haut claustra formé de planches en bois épaisses séparées les unes des autres et tournées dans le mauvais sens. Donc qui ne sert strictement à rien. Nous nous tournons et là une pergola métallique ouverte sur tout le terrain et les deux rues adjacentes, qui abrite en plein soleil deux portes marrons de grandes dimensions sur un mur et pavement dans les beiges séparées par une poubelle. Deux portes ! oui ! deux portes ! Deux énormes tâches qui questionnent tout en chacun se rendant soit à l'église soit à la librairie d'en face et même au marché. En effet, ces deux ouvertures monochromes marrons chocolat sont des toilettes publiques que nous pouvons admirer depuis le fin fond de la place, des rues, des commerces et notamment de cette belle librairie, cassant ainsi tout charme, tout romantisme.

 

Sans omettre que maintenant nous pouvons connaitre l'identité de ceux qui sont pressés. Mais les deux éléments qui complètent le tout sont que: le petit panneau en alu mentionnant "WC publics" en grosses lettres n'est pas disposé sur la bonne porte et que lorsque nous pensons tourner le dos au tableau des deux béantes ouvertures, elles ne vous quittent pas pour autant car l'odeur nous les rappellent. A la question posée à l'architecte du patrimoine : pourquoi avez-vous fait ainsi ? il répondit : "c'est moi l'architecte du patrimoine qui plus est national".

 

Surtout ne soyez plus surpris, si vous reconnaissez une situation semblable, vous saurez au plus grand désespoir de tous, que beaucoup d'architectes ont souvent fait l'école buissonnière durant leur formation et n'ont pas appris leurs leçons. Moralité : "La différence entre un bon et un mauvais architecte réside en ce que le mauvais succombe à toutes les tentations quand le bon leur tient tête" Ludwig Wittgenstein, et en effet "un médecin peut enterrer ses erreurs, mais un architecte ne peut que conseiller à ses clients de planter de la vigne vierge" Frank Lloyd Wright. Cela va donc nous coûter très cher !

 

L'interview d'un journaliste, ou les pensées secrètes de celui qui tient la plume

Marie Barrillon, auteur de "La vie est parfois une surprise" #Société Toulouse