L’évêque Cauchon en prend pour son grade : loin d’être une sorcière à vouer au bûcher, la bergère de Domrémy n’aurait été qu’une épileptique, tout comme l’auteur russe Dostoïevski et une multitude d’illuminés.

Se penchant sur les minutes du procès de la Pucelle, des médecins des universités de Bologne et Foggia en viennent à cette conclusion. Ce n’est pas la première fois que Jeanne est présumée avoir entendu des voix, dès ses 13 ans, en raison de troubles, soit schizophréniques, ou relevant d’une épilepsie médiale, ou idiopathique, ou d’une anorexie, ou d’un trouble bipolaire, &c. Cela n’empêche que la jeune femme, brûlée à 19 ans telle une mécréante aux mains de Daesh, ait pu, comme la glorifie Emmanuel Macron, « fendre le système », « brusquer l’injustice », « rassembler le pays », &c.

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L’avenir dira – ou non – de quelle pathologie souffre le ministre de l’Économie.

Les diagnostics se sont succédé depuis 1990, mais Guiseppe d’Orsi et Paola Tinuper sont plus formels qu'avant. Il s’agirait d’un cas partiel d’épilepsie idiopathique associée à des phénomènes auditifs (IPEAF en anglais).

Là-bas sous la futaie, gardant ses blancs moutons, au lieu de lorgner le pâtre son cousin, Jeanneton oyait des cloches entre ses tympans, et apercevait les spectres des saintes Catherine et Margaret, et de bien d’autres bienheureux (pas forcément à loilpé d’avant l’Internet, restons sérieux, pondérés, sereins, impavides, impartiaux, équanimes, bref, nature, tel que nous sommes).

N’empêche, c’est publié dans le très respecté Epilepsy & Behaviour (The ‘voices’ of Joan of Arc and eplipsy with auditory features), vol.

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61, août 2016, pp. 281 et alii (Elsevier éd.). Bon, j’avoue, je n’ai pas viré 40 USD pour consulter cette contribution, et je vous en cause par ouï dire.

Les voix parvenaient à la Pucelle deux-trois fois par semaine (c’était un « irrégulomadaire »), voire chaque jour (bulletin quotidien). Gilles de Rais (de Montmorency-Laval), dit Barbe bleue pour les publicistes du temps jadis, seigneur de Champtocé, où il rejoignait sa Jeanne par la pensée en abusant et trucidant des jouvencelles, en restait pantois.

Le hic : de nos jours, les crises sont irrégulières, pas comme antan peut-être. Mais elles se produisent nocturnement aussi, comme chez Jeanne que ses voix, elles la réveillaient, dis donc, sans qu’elles « la touchent », ni intimement, ni autrement. C’est donc bien la preuve que l’hypothèse vaut un Nobel et non un Ig Nobel (prix « ignoble »). N’empêche, un Français, un Vendéen, un hobereau du nom de de Villiers, a pompé des fonds dans on ne sait quelles poches pour acquérir la présumée bague d’une patiente dérangée sur les bords de ses hémisphères (si c’était le gauche, alors, pour Le Dérangé du Bocage vendéen, tout s’explique).

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N’empêche, sémiologiquement, c’est quasi irréfutable. Il n’y a que des ignorami, des béotiens, des niais, de mon acabit, pour en douter.

Car, de même que notre reine Anne (et l’an prochain, à Plougastel-Daoulas, j’irai me frapper la tête contre son mur, en notre sainte ville), la Jeanne ne saurait être ainsi rangée au rang de diminuée. Si ce n’était prohibé, j’irais égorger il dottore et la dotteressa en leur chaires, tel un frappadingue saignant un curé normand. Bah, je leur accorde le bénéfice du doute. Car si l’analyse ADN de mèches de cheveux de la Jeanne (présentes dans des plis qu’elle envoyait… à ses amants ?) confirmait leur hypothèse, je m’inquiéterai, et rentrerai de Mossoul où je mène le combat ultime pour la seule et vraie foi. Quoique… Peut-être puis-je y ramener à la raison (cartésienne ?), par mes soins et impositions des… chrétiennes fourvoyées par le complot mondial. Le monde est fou ? Et pourquoi pas moi ? Je te boute Angliches et Bataves hors de Kemper et de Naoned, et la postérité m’érigera des statues. Je veux juste que ma trottinette soit levée sur ma roue arrière (signalant que je mourus au combat) et qu’on me magnifie les testicules (j’ai bien mérité cela, non ?). #Jeanne d'arc #Médecine #Front National