Une pétition en ligne, intitulée "DiagnoseTrump" devrait recueillir, ce dimanche, plus de 20 000 signatures. Résultat faible, dû au fait que ni le parti républicain, ni tout autre, ne peut forcer le candidat à se soumettre à un examen psychiatrique dont le résultat restera confidentiel.

Karen Bass, une ex-assistante médicale, siège au Congrès depuis six ans. C’est une Californienne démocrate et elle a certainement consulté des membres de l’Association étasunienne de psychiatrie. En tout cas pour lancer sa pétition. Le manuel des psychiatres, le DSM (diagnostics et statistiques pour les maladies mentales), définit une personnalité narcissique excessive. Cela comporte un sens outrancier de sa grandeur, l’exagération de ses succès passés, à venir, l’irrépressible besoin d’être admiré, une incapacité à comprendre les besoins d’autrui autorisant à les exploiter. Bref, Trump tout craché.

Le texte de la pétition reprend la définition et l’associe à des déclarations de Trump. Le plus honnête, selon lui, d’entre tous les candidats aux diverses primaires présente aussi l’avantage que ses femmes "sont plus belles". Faute de parler chinois, il comprend la mentalité chinoise car il a "gagné beaucoup d’argent avec les Chinois" (mais rien avec les Russes, en dépit de son admiration proclamée pour Poutine). Il a vanté ses doigts, "longs et beaux", tout comme son pénis ("certaines autres parties de mon anatomie").

 

QI faramineux

S’il ne se targue pas d’avoir le plus fort quotient intellectuel au monde (mais il n’exclut pas que cela puisse être établi), il est charitable : "ne vous sentez pas si stupides (…) ce n’est pas votre faute". Il se sent si populaire qu’il pourrait "tirer sur quelqu’un" au milieu d’une foule "sans perdre un seul électeur". Le monde est jaloux de lui, et il le fait savoir en se montrant arrogant, infatué.

Il s’agit de pointer que, selon diverses informations, lui, Trump, président, serait très fort tenté d’utiliser l’arme nucléaire aussi souvent qu’estimé nécessaire, en Syrie, Corée, ou ailleurs. Comme au Mexique (on lui accordera qu’il ne croit pas vraiment que le mur qu’il érigerait protégera le Texas des retombées… Quoique…). Le précédent chef de la CIA a estimé que le président russe "a recruté Mr. Trump en tant qu’agent involontaire de la fédération russe" (il avait félicité Poutine d’avoir piraté les données du parti démocrate).

La pétition est critiquée car le cas de Trump outrepasserait tout cas de narcissisme, et que l’assimiler ainsi porterait atteinte à la réputation des patients. Cette pétition fait suite à des éditoriaux et témoignages mettant en doute la santé mentale du candidat. Elle n’a aucune chance d’aboutir mais peut mobiliser au-delà de l'électorat démocrate et convaincre indécis ou abstentionnistes par conviction de se rendre aux urnes.

 

Trop sympa

David Perry, sur CNN, un historien, considère faire passer Trump pour dérangé l’exonère de sa xénophobie, de son racisme et sexisme. L’argument de la démence avait déjà été utilisé pour barrer – avec succès – la route de la Maison Blanche au sénateur Barry Goldwater en 1964. Il avait été remplacé au Sénat par un autre républicain, John McCain.

Mais les partisans de Trump peuvent penser que de très grands dirigeants étaient des malades mentaux (et que Hitler n’a pas assez eu de chance, ou que la réélection de Nicolas Sarkozy lui a été volée de très peu). Le candidat, qui avait déclaré ne jamais avoir consulté le moindre psychologue, n’a pas été dissuadé par cette pétition de multiplier des bons mots, comme, pour se distinguer d’Hillary Clinton, "vous avez le choix entre être intelligent, rusé et dur, ou être très, très bête et aveugle".

Bah, il a toujours le soutien de la chanteuse Afida Turner qui a estimé que les 85 morts de l’attentat de Nice auraient été évité si Trump avait été le maire de la ville. La belle fille de Tina Turner a peut-être pensé que Trump aurait expulsé, au faciès, tout Niçois ou touriste suspect (donc, elle-même ?). #Donald Trump #Élections #Etats-Unis