A-t-il encore pété les plombs ou incite-t-il ses partisans à plomber, à coups de balles dum-dum, #Hillary Clinton ? Pour qui n’est pas familier avec les mœurs étasuniennes, les dernières déclarations de Trump, donné dix points derrière Hillary Clinton dans les derniers sondages, sont sibyllines. Mais elles peuvent le désigner sociopathe, prêt à tout pour draguer les membres du Ku-Klux-Klan (qui le soutient officiellement), ou tellement déstabilisé par le désaveu cinglant que lui infligent des personnalités républicaines qu’il finit par perdre totalement les pédales.

Total azimuté ?

« Hillary veut abolir le deuxième amendement, les gars » a-t-il proféré, en s’appuyant sur la possibilité qu’Hillary Clinton, une fois élue, puisse influer sur la nomination des juges à la Cour suprême. Bref, il abandonne le thème d’un coup d’État (fomenté par Daesh avec l’appui d’Obama, laisse-t-il propager) au profit d’un complot pour mettre le système judiciaire sous la coupe de la – possible – future présidente. Les démocrates ont répliqué « ce que dit Trump est dangereux, qui prétend devenir président des États-Unis ne doit pas, d’aucune manière, légitimer la violence ».

De ce pays où J.-F. Kennedy a succombé sous des tirs à Dallas, où Ronald Reagan a été l’objet d’une tentative d’assassinat, ces propos font réagir jusqu’au sénateur républicain Eric Swalwell qui incite les services secrets à prendre au sérieux cette menace voilée de « son » candidat.

En clair, invoquer le deuxième amendement revient à inciter au meurtre, en tout cas dans ce contexte.

Décrypter la déclaration de Trump revient à la résumer ainsi : les tenants de ce deuxième article, qui prescrit le droit à tout citoyen de détenir des armes, pourraient considérer qu’ils sont en droit de les utiliser pour préserver la constitution en en faisant usage contre qui voudrait l’abolir.

C’est ainsi que ses propos ont été reçus par les commentateurs : « il prêche une rébellion armée » (si Clinton est élue).

Ses conseillers électoraux ont allumé des contre-feux qui n’ont guère convaincu. Trump n’aurait fait appel qu’à l’unité de la nation. Certes, mais quand les partisans de Trump scandent qu’il faut mettre Hillary Clinton sous les verrous et qu’il les encourage, comment le prendre ?

Hillary Clinton, traître à la nation

D’autant qu’un membre de la campagne de Trump, Al Baldasaro, délégué aux anciens combattants, a clairement suggéré qu’Hillary Clinton devrait être exécutée par un peloton pour trahison.

D’autres ont appelé à répondre à son élection par des « bains de sang » (ainsi Roger Stone, remercié depuis). C’est sans parler du majordome de Trump qui poussait à la « pendre haut et court ».

Trump va devoir se rétracter, invoquer un second degré, évoquer qu’il est resté fort loin d’inciter à « buter » son adversaire. Mais l’électorat peut vraiment se demander si Trump improvise ses saillies de manière pathétique, dans le seul but de faire de nouveau parler de lui. « Ce sera terrible si Hillary désigne ses juges », a-t-il ajouté. Il a laissé entendre que le juge Antonin Scalia (décédé le 13 février 2016), désigné par Ronald Reagan, ancien président républicain, aurait été éliminé.

#Donald Trump, acculé, lâché par une grande majorité de soutiens républicains, a-t-il interprété son chant du cygne ? Après le discours de Detroit sur son programme économique, très mal reçu, sauf par ses inconditionnels, le candidat républicain mise sur la surenchère sans se soucier de l’effet boomerang. Il est considéré soit fou, soit sans le moindre scrupule, par désormais une majorité de d’observateurs, locaux et étrangers, et même Nicolas Sarkozy prend le plus grand soin de ne pas se prononcer sur ses capacités à diriger la première puissance mondiale. Mais après cette nouvelle gaffe ahurissante, ne plus se distancier de lui équivaudra à se positionner dangereux, halluciné, dictateur en puissance. Imaginez un peu que Mélenchon appelle à trucider Hollande ou tout autre ? C’est à peu près ce que vient de « réussir » Trump. #Etats-Unis