Ukraine et Russie sont-elles aussi visées ? Trump se débat avec l’accusation visant son directeur de campagne, Paul Manafort, qui aurait reçu des millions en cash pour conseiller le précédent dictateur ukrainien et son parti pro-russe. Il s’est préservé d’aborder le sujet dans son dernier discours de lundi dans l’Ohio et promis de protéger les États-Unis de la menace terroriste en filtrant toutes les entrées. Toutes, cela suppose d’octupler, nonupler, décupler les effectifs des ambassades et des policiers aux frontières car le candidat républicain veut rétablir les questionnaires idéologiques et opérer des enquêtes de proximité. Voici quelques semaines, Trump avait indiqué que la France, pays en proie à des attentats, devait faire l’objet d’un tri rigoureux de ses ressortissants admis à fouler le sol étasunien. Là, le monde entier est désigné redoutable. De fait, des citoyens ukrainiens de la minorité tatare (turcophone), des Russes de Tchétchénie et autres, mais aussi des arabes israéliens, &c., peuplent une multitude de pays. Je me souviens de mes premières demandes de visas à l’ambassade étasunienne à Paris. Vers la fin des années 1960. Il fallait cocher des croix pour certifier n’avoir jamais été communiste, anarchiste, condamné, &c. Là, Trump veut rétablir de tels « tests » en ajoutant des entrées sur les opinions religieuses, sociétales (pour ou contre l’homosexualité), politiques…

 

De longues enquêtes

Peut-être du genre : « vous êtes-vous rasé une barbe de plus de trois jours ? ». Comment départager les touristes politiquement corrects selon Trump – lui qui se défend de l’être – de gredins dissimulateurs ? Qu’à cela ne tienne, voisins, connaissances, autorités, devront délivrer des attestations vérifiées lors d’entretiens. Toute expression du demandeur sur les réseaux sociaux sera traquée. Bref, d’où que vous proveniez, escomptez deux-trois ans avant d’obtenir un visa, ou, venant du Canada ou du Mexique, réservez un long séjour hôtelier de en ville frontalière. Ce sera miraculeux pour l’économie de Saint-Pierre-et-Miquelon où l’autorité consulaire étasunienne devra embaucher à tout va… À moins que ces îles relevant d'un pays dangereux, aucun Français d’où qu’il vienne ne puisse se rendre aux États-Unis.

 

Trump n’a pas énuméré la très longue liste des pays qui pourraient être concernés. Cela ne l’empêche pas, après avoir déçu l’électorat juif américain (en indiquant que Jérusalem ne serait pas reconnue capitale d’#Israël, qu'aides militaires et autres seraient réduites) de faire mener campagne en Israël depuis dimanche. Voter Trump, c’est défendre les intérêts d’Israël indiquent tracts et banderoles destinés au binationaux et indirectement aux électeurs juifs de tout pays pouvant voter pour lui. Il n’en est plus à une poignée de démentis de plus… Trump recule presque dans tous les États fédéraux, selon les derniers sondages. C’est la résultante d’une presse haineuse, qui déformerait ses propos. Sinon, il aurait, assure-t-il, 20 points d’avance sur Hillary Clinton. On peut certes compter sur l’instinct grégaire des journalistes, mais prendre le candidat républicain encore au sérieux, c’est se ridiculiser auprès des consœurs et confrères, ou laisser planer le doute sur sa vénalité.

 

Wendi et Ivanka

Il propose donc un « filtrage extrêmement poussé » des migrants et des touristes. « Nous n’admettrons dans ce pays que les gens qui partagent nos valeurs et respectent nos populations », a-t-il martelé. Conviendra-t-il, en sus de se préparer longuement au questionnaire, de solliciter un port d’arme dans son pays d’origine pour complaire à la National Rifle Association ? Au fait, le questionnaire s’appliquera-t-il aussi à Wendi Deng, la présumée petite amie de Vladimir Poutine (et troisième femme du patron de presse Rupert Murdoch) ? Elle posait, sur Instagram, avec Ivanka Trump, à Dubrovnik, devant les remparts, lundi. En mal de dons républicains pour sa campagne, Donald aurait-il demandé à sa fille de récolter des fonds du Kremlin ? #Donald Trump #Etats-Unis