Cette analyse du #Jihad risque d'aller contre les idées reçues. On nous donne à croire que cette violence terroriste qui s'abat partout en Europe est une question religieuse. Il n'en est rien. Le Jihad, tel qu'il est mis en scène est un mouvement qui se situe à la fois à l'intérieur des pays démocrates et en dehors. Le but est une implosion des repères classiques du politique.

En réaction à la pauvreté et la misère, il se manifeste par une violence extrême. Il se présente certes dans les apparats de la religion, mais ce n'est pas l'essentiel de son message. Il développe un autre discours, une autre logique que celle traditionnellement nommée guerre. La guerre a ses règles et ses limites. Ce qui se passe relève au contraire d'un incommensurable. Semblable à la digue qui craque sous le poids de la violence du fleuve qui l'a emportée, la folie meurtrière de ces individus prêts à sacrifier leur vie, emportent après leur passage et leurs massacres la rationalité issue de la philosophie des Lumières. La notion de raison se voit bousculée et laisse les hommes face à un total désarroi. Les catégories traditionnelles du politique et de la justice deviennent inopérantes.

A quoi bon lire #Rousseau ou Le traité sur la Tolérance de Voltaire pour comprendre ce qui se passe ? Le XVIIIe siècle est complètement dépassé à ce jeu de massacre. Il ne s'agit pas ici de prendre pour modèle de compréhension le jeu d'échec qui met face à face deux Etats monarchiques ou le jeu de go qui pratique l'encerclement. On est dans la logique du massacre. C'est la masse des individus qui est visée, dans la contingence hasardeuse la plus brutale. Il n'y a plus de règles, et ceci paradoxalement au nom d'une morale impitoyable.

C'est le propre de la morale que de se mettre en scène dans une manifestation qui se dit raisonnable dans une rationalité de l'insensé. Pour le dire autrement, le rationnel relève du calcul. C'est par exemple le calcul des pertes et avantages. Le #Martyr appartient ainsi à une catégorie de la morale héroïque au service d'une cause. Le Martyr est une catégorie religieuse. Les religions fourmillent de ce type de références. Pensons à Jeanne d'Arc ou encore à Sainte Blandine. Esclave romaine, Blandine se joint à la communauté chrétienne. Arrêtée et livrée aux bêtes qui refusèrent de lui faire le moindre mal, elle fut torturée et dut assister à la mort de ses compagnons. Elle fut ensuite flagellée, placée sur un grill brûlant, puis livrée dans un filet à un taureau qui la lança en l’air avec ses cornes. Blandine fut finalement égorgée par le bourreau à la fin des jeux où elle parut. L'idéalisation morale du #Martyr ne date pas du #jihad.

Où cela nous mène-t-il ? Le politique est désavoué au nom de la morale. Nous ne cessons de mettre en cause la moralité des gouvernants. Le Jihad est retour à la morale individuelle. La crise du politique c'est le retour au temps des Martyrs, à l'impuissance et au massacre.

Il est temps de rendre au politique ses lettres de noblesse, et  de fermer la fosse aux lions.

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