Exemple : #Blasting News, est-ce chair ou poisson ? Les deux, et des légumineuses, &c., de même. C’est pourtant un média. Tout comme Le Clairon de Clermont-Ferrand, La Gazette de Landerneau, Nations #Presse (FN), le blogue-notes de Clémentine Autain (Front de gauche), celui de Morandini ou Les Inrocks… Que des exemples choisis au hasard…

Les médias, ceux qui déplaisent

Paul Farhi, dans le Washington Post, résume bien : « les médias », c’est de la sténo pour désigner tout ce qui est lu, vu ou entendu avec quoi on est « en désaccord ou qu’on n’aime pas ». Avant Le Post (absorbé par le Huffington France), Come4News et Blasting News, j’ai collaboré à une multitude de titres de presse écrite, locale, régionale, nationale, et même internationale (bon, d’ac’, juste un peu au Black Dwarf, à La Vigie marocaine, à l’Independent). Et vu ma tête réclamée par des gens un peu plus importants que Jean-Marc Morandini poursuivant une journaliste des Inrocks. Aussi vu des connaissances amicales changer de trottoir, entendu qu’on aurait ma peau, &c. Mais la seule fois que j’ai frôlé une poursuite, le procureur du cru a charitablement conseillé de s’abstenir. En revanche, oui, j’ai lu, entendu et vu un peu n’importe quoi. Et cette absence de distinction, de différenciation, me laisse encore indifférent. Mais je comprends fort bien Paul Farhi. Tenez, avec la très mauvaise traduction automatique, nous avons accès à presque toute la presse mondiale. La coréenne du nord, celle du califat de Daesh, la cubaine, l’iranienne, &c. Et d’aucuns mettraient Blasting News dans ce magma indifférencié ? Twitter, Facebook, Snapchat, Instagram sont aussi des médias… On trouve partout à boire et manger de l’info.

Quel complot médiatique mondial

Le grégarisme de la « grande » presse est un phénomène reconnu par la médialogie. La hiérarchie de l’info est quasiment identique partout, que ce soit dans Le Monde ou le New York Times ou… Ici Paris et le Sun ou… Der Spiegel et Newsweek ou… même Valeurs actuelles, non, pas avec Noticias (Argentine), mais Arriba (voyez Wikipedia). Mais il n’y a pas de consensus, et quand les rédactions en chef se réunissent (il y a quelques rares conférences, des festivals, d’autres occasions), c’est pour évoquer diffusion, nouveaux moyens techniques, &c. Dans la plupart des rédactions de la presse un tant soit peu sérieuse, aucune ne pourrait seule définir le titre, la publication, la chaîne, la station. Un temps, la presse et les journalistes sont « tous de gauche », un autre, tous de la « droite libérale », et bien sûr, au minimum « faux culs », au pire « suppôts » de tel ou telle (nommez-le ou la…). Avez-vous déjà lu un compte rendu d’audience qui ne répercuterait que le réquisitoire ou que le plaidoyer de la défense (si l’audience a pu absorber les deux le même jour), par exemple ? Certes le respect des faits n’empêche pas de laisser filtrer un peu de sa sensibilité, mais si on veut l’exprimer clairement, les éditos sont prévus pour cela (et ceci en est un). Les autres chroniqueurs, sur le banc de presse, ont des sensibilités très sensiblement diverses… Il arrive parfois même (cas de l’Affaire Grégory, le fait divers à tiroirs de la Vologne) que, tout en relatant scrupuleusement les faits, se forment deux clans opposés, animés d’intimes convictions diamétralement opposées. C’est rarissime. Comme le conclut Farhi, évoquer « les médias » équivaut à invoquer « les gens » (qui sont alternativement méchants, généreux, niais ou perspicaces, de bon sens paysan ou aussi bornés que des bouseux). Le journalisme consiste aussi à tenter de se rendre moins stupide, moins ignorant, moins dupe, pour essayer d’éclairer un lectorat plus averti. Vaste programme, aurait pu dire le général de Gaulle. Je sais, certains renoncent, blasés, voire meurtris. Et vous vendent uniquement ce qu’ils croient que vous apprécierez de lire ou entendre. Personne n’en est grandi. S'il est un complot tacite, entre presse et opinion, c'est le seul. #Télévision