Rappelez-vous : François Hollande, s’exprimant depuis New York mercredi, a évoqué la victoire de Donald Trump, car « c’est même pour certains une probabilité ». Forte probabilité pour le Pr Allan Lichtman qui, depuis 32 ans, ne s’est jamais trompé et a correctement prédit la victoire des candidats aux présentielles américaines. Sa méthode est empirique, ne se fonde pas sur les sondages, mais sur 13 clefs.

Vide gouvernemental

L’une de ces clefs, c’est la majorité parlementaire. Là, les républicains sont en train de créer un vide gouvernemental jusqu’aux élections (dans 46 jours) et au-delà (l'investiture), en bloquant le financement du fonctionnement de l’administration. Tout serait gelé : le financement des aides à la suite des inondations en Louisiane, celles pour fournir en eau potable la région de Flint (Mich.), la recherche sur le zika, et divers projets urgents. Cela devrait plaider contre Trump, républicain, mais il saura exploiter ce vide gouvernemental. Autre point : la présence d’un candidat indépendant de poids. Gary Johnson, le candidat libertarien, est crédité de 10 % des voix. Le double de ce qu’il faudrait pour qu’Hillary Clinton l’emporte. Et le point 12 porte sur le charisme. Comme le résume Lichtman pour le Washington Post, « #Hillary Clinton n’est pas une Franklin Roosevelt ». Six clefs négatives vous disqualifient, la candidate démocrate en cumule cinq (au minimum, indubitablement). De plus, même les sondages n’entrent pas dans la méthode, mais elle culmine à 39 % d’intentions de votre, soit un point de moins du seuil. Trump sera aussi capable – c’est ma prédiction – de tirer parti de la paralysie gouvernementale que son parti peut instaurer. La méthode Lichtman peut sembler sommaire, mais elle résulte d’une étude serrée des résultats électoraux de 1860 à nos jours. Transposée à la réalité française (j’ai tenté une furtive approche), Hollande ne peut que perdre… Et pourtant. Lichtman reconnaît que Trump est « le » candidat atypique par excellence, l’exception depuis… 1860. Il pourrait donc perdre, en dépit des circonstances qui le favorisent.

Critiqué par les républicains et 30 Nobel

Un nombre important d’ex-présidents américains (G. W. Bush et son père en particulier) ont publiquement ou en privé désavoué Trump. De même que Colin Powell, le club républicain de Harvard, et je vous en passe. Rappelons que les élections sont indirectes : on élit 538 grands électeurs, qui départagent les candidats en tête. 375 scientifiques, Américains ou autres, dont 30 prix Nobel, dénoncent le « Parexit » (retrait de l’accord de Paris sur le changement climatique, ratifié récemment par la Chine et 189 autres pays) que préconise Trump. Cela ne passe pas au-dessus de la tête d’une majorité d’Étasuniens. Au contraire : toutes les élites sont vendues, menteuses, et s’opposent au droit naturel. Comme celui de détenir des fusils automatiques d’assaut que, dans divers États, on peut garder à l’épaule pour se rendre au supermarché, au temple, partout. Que Trump, lui, président, nommera ses chums (copains-coquins) ambassadeurs pour implanter ses golfs, hôtels, casinos à l’international, et non aux États-Unis, n’effleure même pas l’esprit des red necks (ras-du-front, nuques brûlées) d’entre ses partisans. Trump est capable d’utiliser l’arme nucléaire contre la Corée du Nord (aucune possibilité d’y faire des affaires), et d’en prendre prétexte pour annuler ses dettes colossales auprès des banques chinoises. Comme le disait le dalaï-lama évoquant la coiffure de Trump avec sa main et faisant la moue pour imiter sa bouche, et interpellé sur Kim Kardashian qui compte plus de suiveurs que lui, « ces célébrités (…) n’ont pas la capacité de rivaliser avec ma sagesse ». La réincarnation de son prédécesseur, pas plus que ce dernier, n’ont pu éviter tant les forces de l’Axe (Allemagne, Italie, Japon) que le réchauffement climatique. Trump, c’est un peu la réunion des deux. Et ses candidats pour la Cour suprême font frémir...USA., État totalitaire ?   #Donald Trump #Etats-Unis