Il ne me viendrait pas à l'idée de pointer du doigt le délabrement programmé de la cellule familiale. Il ne me passerait pas non plus par l'idée de souligner la désertion de la pièce maîtresse d'un foyer équilibré, c'est à dire la maman. Pas de complexe à avouer que je ne parlerai pas non plus de l'absence de l'autorité paternelle et maternelle conjointe, disparue, bouffée par la féminisation, par l'érosion d'un statut aujourd'hui en voie de disparition totale, par l'absence du couple au foyer. Quant à l'éducation nationale, à quoi soulever les problèmes engendrés par le copinage prof-élèves, la disparition pure et simple des bases de politesse et de respect dans des écoles où l'on se pose d'avantage de questions à préparer l'avenir de bons petits fumeurs que celui de respectables citoyens éduqués et pas trop largués intellectuellement. Non, cela ne vaut pas le coup d'évoquer tant de petits détails pour parler de cette banalité de la société française, qui consiste à devoir ficher "S" des gamins de quinze ans, ou bien de devoir mettre en examen un moutard qui ne trouve rien de mieux à faire que d'assassiner à coups de couteau sa camarade de classe.

 

A part ça tout va bien

Les gosses sont souvent relégués au second plan. J'ai eu la chance de bénéficier de la présence de ma maman, à la maison en permanence, et nous étions trois. Les choses auraient forcément été différentes si tel n'avait pas été le cas. Quand on se pose deux minutes et que l'on analyse la situation, on s'aperçoit qu'aujourd'hui les gamins passent d'avantage de temps avec des étrangers au foyer familial, qu'avec leurs propres parents. Dés la naissance la plupart sont confiés à des nourrices, des crèches etc. Comment un gosse à peine sorti du ventre de sa mère va identifier ses progéniteurs dans le long terme ? Quel type de relation va-t-il développer avec ces derniers ? Déjà, plus question d'allaitement, donc pas de rapprochement intime... Mais tout ceci ne nous regarde pas. 

 

Laissons la parole aux scientifiques curieusement absents du débat publique

Il fut un temps, lorsque l'on annonçait une nouvelle gravissime telle que la mise en examen d'un gosse, des psychologues, des hommes de sciences étaient conviés à faire part de leur opinion. Aujourd'hui, ils sont censurés. De toute manière cela ne vaut pas la peine de les entendre sur tous les sujets qui fâchent, car leur jugement au sujet de notre société décadente est connu de tous, et ceux qui contribuent encore à fournir à notre société de futurs petits surdoués (car aujourd'hui, à entendre les parents, ils ont tous entre leurs mains une progéniture au QI sensationnel...), ne veulent surtout pas que l'on remette en questions leurs magnifiques principes d'éducation. L'avenir s'annonce brillant dans la société française. Les parents communiquent à leurs enfants l'art de naître fatigué et déprimé, celui de se rebeller contre toute forme de respect et de soumission. On enseigne à rester au lit jusqu'à midi, car les pauvres petits sont écrasés de fatigue (sauf pour rester connectés à des heures infinies... ) Rares sont les parents qui se penchent au-dessus de l'épaule de leurs enfants pour corriger leurs fautes d'orthographe... Nous vivons une époque formidable, mais faites comme si je n'avais pas évoqué tout ce qui précède. Dormez tranquille la relève est assurée. Alors que tout le monde se pose la question de savoir quelle planète nous allons laissé à nos moutards, je me pose plutôt la question de savoir "entre les mains de quel type de gamins allons-nous laisser notre planète ?"  #Femmes #Education #Société