Elles et ils vont le sentir passer. Bien sûr, les quatre ados (arrêtés dans la Marne, en Vendée et Lozère) impliqués dans la #fausse alerte ayant mobilisé les forces de police autour de l’église Saint-Leu, samedi dernier à Paris, risquent moins que les trois djihadistes qui s’apprêtaient à faire exploser une voiture bourrée de bonbonnes de gaz. Les avocats de ces dernières devront peut-être plaider contre leurs confrères défendant, en partie civile, la ville de Boussy-Saint-Antoine (Essonne). La municipalité estime que la gare de la localité était aussi visée, que ces résidentes ont causé un préjudice moral aux autres habitants. Et puis, à Nice, Saint-Laurent et Cagnes, ce jour, huit nouvelles interpellations, liée à l’attentat au camion du 14 juillet, sont intervenues.

Motivations similaires ?

Les #attentats réussis provoquent des morts, les ratés et les fausses alertes peuvent en provoquer, d’indirectes. Chaque intervention à Paris ou grande ville provoque des embouteillages monstres dans lequel des ambulances, des véhicules de pompiers s’embourbent, pour n’évoquer que les plus graves conséquences évidentes. À causes voisines, effets plus ou moins similaires, certes incomparables, mais apparentés. La similitude semble aussi s’observer dans les motivations. Les avocats des djihadistes, hommes ou femmes, ou d’auteurs de fausses alertes, n’en font guère mystère auprès de leurs confrères ou connaissances. Cela ne veut pas dire qu’ils plaideront forcément ce qu’ils confient. Mais ils observent que la plupart de leurs clientes et clients n’ont pas « grand’ chose sous le crâne », sont la plupart du temps immatures, et qu’une gloriole de crétin ou d’écervelée pouvant se vanter auprès de proches, ou à la face du monde entier, explique en partie la plupart des actes. En partie seulement, tant la seule recherche d’une notoriété, morbide à divers degrés, n’exclut pas, pour telle ou tel, une réelle perversité, de véritables troubles mentaux. Cela sans même évoquer des problèmes d’insertion sociale diversifiés.

Islamophobie partagée

On vérifiera ou non si les auteurs de la fausse alerte de l’église Saint-Leu étaient animés par des sentiments islamophobes marqués, revendiqués ou inconscients. Il ne fait guère de doute, aux yeux des membres des barreaux chargés de leurs cas, que nombre de djihadistes sont soit des islamophobes repentis, au prosélytisme dévoyé des « born again », ou des gens ne supportant un islam à leurs yeux dévoyé, corrompu, hypocrite, néfaste. D’où, y compris dans le califat mais surtout en Afrique (Somalie, Nigéria et Cameroun, où des « métis, Touaregs ou occidentaux » ont rejoint Boko Haram), l’idée que tout musulman vivant en contrées chrétiennes ou autres est vicié, et potentielle victime que justifie le djihad. Cela vaut aussi pour les habitants des pays musulmans opposés au califat ou aux autres organisations djihadistes. Cela participe aussi parfois d’une forme de haine de soi, évacuée en s’enfonçant dans une malséance et malfaisance auto-justifiées.

Phénomène sectaire

Tant chez certains hackers que chez des djihadistes on remarque aussi des comportements de sectateurs. Un entre-soi désocialisant est recherché, amplifié, approfondi. Le culte de l’exploit est partagé entre lanceurs de fausses alertes et djihadistes recherchant l’euphorie de la réussite (parfois amplifiée par la prise de stupéfiants). Ce culte est d’autant plus mythifié qu’on s’en construit davantage les fondamentaux qu’on ne connaît l’islam ou les grands textes libertaires. Comparaison n’est pas raison mais il n’est pas insensé de relier certains traits communs à des nuisibles aux conceptions parfois diamétralement opposées. Pauvres héroïnes, piètres preux. #Daesh