Quatre jours après le déclenchement des violences post-électorales qui ont fait des victimes à Libreville, le 2ème vice-Premier ministre, ministre de la Justice et des Droits humains, Garde des Sceaux, Séraphin Moundouga, a démissionné du gouvernement et du Parti démocratique gabonais (PDG). Ce dernier a affirmé aux médias qu'il était question de procéder au recomptage des voix par bureau de vote, et par ricochet, a invité les protagonistes à respecter le verdict des urnes à l'issue de l'élection présidentielle du 28 Août dernier au Gabon. Bien avant Séraphin Moundounga, dimanche dernier, dans une vidéo publiée dans les réseaux sociaux, le représentant du parti Démocratique du Gabon en France, Dieudonné Tahiro Apérano, annonçait lui aussi sa démission du parti d'#Ali Bongo. Il a, dans cette vidéo, appelé Ali Bongo à "reconnaître" la victoire de l'opposant #Jean Ping.

 

Que traduisent ces démissions récurrentes ?

Il est bien certain que les multiples démissions des barons du pouvoir en place au Gabon, annoncées ici et là, traduisent l'état du mal profond qui ronge le pays actuellement et pourra sûrement entraîner d’autres défections dans les jours à venir. Mais seulement, le peuple gabonais comprendra t-il le sens de la démission en politique?

 

Des démissions qui n'ont aucun impact sur la survie des institutions

Il ne sert à rien de crier victoire après la démission de ces cadres du parti au pouvoir, car la culture de la démission n'a pas véritablement d'impact sur la déstabilisation d'une force politique en Afrique. Nous avons vu dans certains pays comme le Cameroun, le Congo RDC, la Côte d'Ivoire etc..., des hauts dignitaires du régime au pouvoir démissionner et chercher à revenir dans les affaires quelques années plus tard du fait de l'oisiveté et du manque de moyens de survie. Dans certains pays africains, nombreux sont de ceux là, qui multiplient des astuces pour se maintenir au pouvoir. Démissionner signifierait ainsi le fait de quitter un poste tant rêvé par des milliers de postulants, qui n'attendaient que des situations similaires pour espérer eux aussi s'accrocher au perchoir. La conquête du pouvoir pour s'y accrocher est à la mode dans certains pays africains. A la limite on pourrait dire tous, que l'on soit, jeune, vieux, chacun aspire à occuper une haute fonction au sein des institutions de la république. Pourtant cela peut paraître imaginaire, mais quand un dirigeant politique démissionne, sur le champ, on retrouve une kyrielle de personnalités prêtes à le remplacer.

 

Pour le cas du Gabon, il n’est donc pas surprenant que le remplaçant du ministre de la Justice et des Droits humains, Garde des Sceaux, Séraphin Moundouga, soit déjà connu. La seule démission qui risquerait de porter fruit est celle d'Ali Bongo himself, mais il ne le fera jamais car le chef de l’Etat sortant sait qu'il est donné vainqueur de l’élection présidentielle par la Commission électorale, même si ces résultats sont contestés par l’opposition, qui réclame un nouveau décompte dans une province. Il serait judicieux et même plausible pour les Gabonais de trouver les mécanismes de résolution pacifique de cette crise post électorale. Inutile de s’en remettre à la communauté internationale, notamment l’Occident comme le souhaite le candidat Jean Ping. Les occidentaux ne pourront jamais solliciter la médiation africaine dans le cadre de la résolution des problèmes liés à un litige électoral en occident. #Élections