L'émerveillement est la faculté de trouver de la poésie, de l'amusement et du sublime aux événements. Qu'ils soient simples, insolites ou parfaitement indécents.

L'émerveillement ?

Cela peut tout à fait vous frapper au détour d'une promenade aux accents douloureux et monotones : votre gros boxer n'a toujours pas compris qu'à vouloir uriner avec frénésie, il occasionnait des torsions dorsales dommageables pour vos hernies. Ainsi, pensant vous détendre le squelette, vous vous asseyez sur un banc.

Voir le monde avec des yeux neufs 

Et c'est alors que... PAN ! La splendeur du monde vous frappe. La mer scintille encore sous ce soleil d'automne. Le ciel dégagé est un tableau mouvant : des mouettes, des avions, piquent du nez dans un même mouvement. Une petite fille marche sur la pointe des pieds. Plus rien ne compte que la souplesse de ses nouveaux souliers. Puis c'est une grand-mère qui fonce bille en tête avec sa trottinette. Elle glisse entre les passants comme le ferait le vent. Deux pêcheurs sur le même caillou. Ils ne parlent pas mais ils sont #bien d'accord : ici pour le loup, c'est le meilleur coin du port ! Et puis c'est votre chien qui, en se secouant, éclabousse de salive une joggeuse qui le prend en riant. En partant, il décide encore de se soulager, de "planter la tente". Tout vous bouleverse. Surtout la fourmi qui s'extrait de ses boues gluantes. Encore en extase, vous croisez un touriste anglais. Un inconnu qui vous salue. Sûrement un dieu. Lui aussi est auréolé de beauté. Il est temps de rentrer. Autant d'émotions, ça pique le nez ! Il faudrait pouvoir vous moucher. Qu'importe ! Vous vous sentez aussi légère qu'une fée. 

Sur le chemin du retour, des sillages de muguet et de violette. Et peut-être même d'eucalyptus. Ah non. Ça c'est le parfum synthétique de votre mouchoir en papier. Mais tous vos sens sont magnifiés. Votre nerf sciatique ne vous fait plus chanter. Il est enrobé de paillettes. L'enfant qui vous habite l'a enchanté. C'est bien ça, le pouvoir magique de l'émerveillement...