France Bleue Roussillon, La Dépêche et bien sûr L’Indépendant (et de rares autres titres) ont publié très récemment des photos d’une laie et de cinq marcassins ayant pris le frais sur les rivages de Cerbère et Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). Mais un Perpignanais en a aussi placé une sur Facebook et les six baigneurs sont en passe d’acquérir une célébrité nationale, si ce n’est bientôt internationale. Les marcassins sont passés sur les serviettes des baigneuses et baigneurs, ont traîné un peu quelques râteaux de gosses, avant de se rafraîchir. Cela resterait anodin, relevant du simple fait divers, même s’il n’est guère courant qu’une laie et ses petits s’aventurent auprès des humains. Quant au mâle, on peut estimer qu’il reste dangereux (des accidents, parfois mortels, se sont produits, en Savoie, avec des ragots s’aventurant dans des villages pour fouiller des poubelles). Mais dans le cas de la petite famille animale frontalière de l’Espagne, la cohabitation avec les habitants du cru ne remonte pas à cette incursion sur le sable : France Bleue la définit presque apprivoisée. C’est exceptionnel, certes, mais cela intéresse peu les Beaucerons, les Bretons d’Arvor, les Français de contrées où les forêts sont rares…

 

Les bêtes tout' nues, pensez donc !

Pourtant si. La raison : l’affaire des burkinis en Corse et ailleurs. La famille fait le buzz. Avec des commentaires du genre : "mieux qu’un arrêté municipal anti-burkinis…". C’est un peu oublier qu’à travers tout le Maghreb, du Maroc à la Tunisie, les sangliers abondent. Qu’ils sont chassés, que les chasseurs, musulmans ou autres, sont fiers de leurs trophées, qu’ils manipulent, alignent lors des battues, pour immortaliser leur butin. Et que toucher des porcins n’est pas plus haram (voire tamè ou tarèf selon la cacheroute) que de consommer des animaux ruminants à sabots fendus. Cela étant, tolérer un animal haram en sa demeure (porcin, canin, félidé, simien) expose à faire fuir les anges. Les côtoyer sur une plage ? Ah, le débat est ouvert et ne tardera pas à diviser imams et docteurs de la foi mahométane, sans probablement, parvenir à une conclusion définitive.

 

Sur la Louère

Je suis l’heureux gagnant d’un lot – dérisoire – de la 38ème Fête du cochon de la Jumellière (Maine-et-Loire). Parmi la formidable affluence, j’ai pu distinguer – au faciès – des garçailles (ou gâs) et d’la jouvencelle (ou feille) qui pourraient p’têt ben (ou pas) être mahométans. Point effarouchés par les gorets (les cochons, pas les pignoufs de la boule de fort qui tirent comme des niaiseux). Bon, j’vous dis ça, j’vous dis rien, hein ! J’allions conclure : on ne vit Sarrazin ou Maure, Andegave d’antan ou de naguère, s’abernaudir de la vue d’un goret. Cela étant, d’nos jours d’à présent, va savouère. Pour finir, une anecdote.  Consœurs et confrères de BlastingNews, polyglottes, congrus et férus en parlers anciens et diverses langues vernaculaires (peuhl, swahili, bambara, entre autres), savent bien comme moi-même, que les Almohades ne furent pas arrêtés à Poitiers. Dans les années 1950, des linguistes déterminèrent que les familles résidant sur une île de la Loire proche de Saumur, considérées gitanes, employaient un dialecte berbère. Comme quoi les Andegaves (sans parler des Charentais-Poitevins) ne sont pas si "souchiens" qu'ils se l'imaginent. De quoi s'interdire de stigmatiser des cousines et cousins. Mais s'en moquer, en humaine fratrie, à la bonne heure !   #Pyrénées orientales #Islam #Islamophobie