« On ne peut pas garder 29% d'une communauté tentée par la #Charia », estime Nicolas Sarkzoy à la suite du rapport de l'Institut Montaigne sur les musulmans en France. C'était lors de la matinale d'Europe 1 ce mercredi. Il approfondissait donc ses propros antérieurs sur les Gaulois, l'intégration et l'assimilation. « L'intégration républicaine ne marche pas, il faut l'assimilation », dit-il en substance. Ce à quoi nous sommes nombreux à rétorquer que l'assimilation ne se décrète pas.

Déjà assimilés

Les « Gaulois » (et Bretons celto-nordiques) que nous sommes avons déjà assimilé en partie la culture des pays berbères devenus de longue date à majorités musulmanes. Le couscous est devenu un plat national breton, comme chez nos voisins les Français. Certes, parfois, nous lui ajoutons des merguez (à composition séfarade ou autre), voire du jésus de Morteau. De plus, nos voisins les Français sont de souches diverses arabo-maghrébines. La déformation pédagogique simplificatrice à destination des candidats aux certificats d'études (je suis instruit, j'en ai deux, le national français, celui des écoles dites catholiques, soit catholiques apostoliques romaines) voulant que les Arabes furent arrêtés à Poitiers est une utile fumisterie. On ne va pas faire des écoliers des ethnosociologues, des anthropologues. Même les croisés se croisaient avec des musulmanes, même en temps de conflit, le commerce et les échanges se poursuivaient. François Ier avait la Grande Porte pour alliée. Au temps de la bataille de Poitiers, les musulmans étaient déjà à Paris (une cave d'un immeuble du haut du fg Poissonnière était un mini-palais d'un riche marchand) et dans les années 1950 les « gitans » d'une île sur la Loire près de Saumur parlaient en fait du vernaculaire berbère mêlé d'angevin depuis de longues générations. Ce n'est pas le rastaquouère Sarkozy qui va dicter à nos voisins les Français ce qu'ils sont ou doivent être. Point.

Comparaison n'est pas raison

Comparaison n'est pas raison. Il est exact que l'intégration ne marche pas bien. Sarkozy n'a pas tout faux. C'est simple : chez nous, des tas de gens n'ont pas assimilé correctement notre culture celtique, mais d'autres assistent à nos cérémonies druidiques. Ce n'est pas mon cas ; je suis un Gallo-Breton (issu de Bretons et de femmes gallo), je suis religiophobe, donc islamophobe. Mais des druides, des prêtres, pasteurs protestants, voire imams peuvent avoir ma sympathie. Dans ce pays français où je vis (mais bon, les Parisiens ne le savent pas, ne leur dites pas, ils sont aussi pour une large part des compatriotes gallos ou bretons), j'ai appris l'adage selon lequel un dieu reconnaîtrait les siens. Et j'admets parfaitement la notion du droit naturel qui veut qu'une justice immanente puisse (malheureusement le plus souvent postérieurement) s'appliquer : des révisions de procès, la reconnaissance des mineurs de la Résistance grévistes, bannis et interdits d'emploi par le pouvoir socialiste avec la complicité du PC des lendemains de la Libération l'atteste.

Sarkozy gagnera-t-il son paradis ?

Je ne sais quel paradis accueillera un Sarkozy que je ne voue pas à un enfer auquel je ne crois pas. Mais l'ex-pote d'un Kadhafi qu'il fit éliminer, puisqu'en divers passages et non un seul un chasseur français dispersa son convoi, ne va pas me donner des leçons de civisme. Ce n'est pas moi qui encourage les casseurs, retient les CRS pour offrir à la presse de « belles images » de saccages (voir le livre de Patrick Buisson). Je ne lapide pas non plus celles ou ceux qui, au nom du fiqh ou des évangiles, considèrent qu'un dieu fera le tri entre le bon grain et l'ivraie. Qu'enseigne l'Institut Montaigne ? Que, dans les cités où des gens considèrent que la charia est au-dessus des lois humaines, évolutives, changeantes (droit positif), les voleurs ont les deux mains coupées par leurs voisins en cas de récidive ? L'ex-avocat copiant sur Trump a tout faux, le doyen Vedel donnerait zéro à cet âne. #Laïcité #Nicolas Sarkozy