Donc, deux voitures, l’une à #Paris, l’autre à Lodève, emplies de bonbonnes de gaz, ont été repérées ces derniers jours avec les suites que l’on sait. On peut comprendre la vigilance des forces de sécurité. Elles le sont. Venant de l’Opéra, j’ai été bloqué « comme tout le monde », ce vendredi vers 15 heures, par l’attente d’une opération de #Déminage. Rubans à travers la chaussée devant le musée Grévin et au carrefour de la station ex-Montmartre (devenue Grands Boulevards), l’effectif d’un groupe de combat (plus de huit soldats) du Génie – une coïncidence, il n’y a pas de démineurs que du Génie  – et des policiers déployés, un fourgon de démineurs appelé d’urgence. Les cafés, bars-restaurants (Le Grévin, L’Oz – un australien –, &c.), la sandwicherie et divers commerces ont été vidés de leurs occupants, ce qui représente un manque à gagner (moindre que les conséquences d’une explosion). Bref, un petit quart du boulevard Montmartre, entre son début côté République et les passages des Panoramas et Jouffroy, était condamné. Pourquoi ? D’un, parce que, comme le sergent du Génie l’explique, 120 g d’explosif projettent des débris jusqu’à 200 m alentours. De deux, surtout parce qu’une moto noire, immobilisée depuis une semaine (oui, une semaine seulement), avait été détectée. Hors état d’urgence, elle aurait fini par être évacuée au bout… d’un certain temps certainement multiple de celui du refroidissement du canon dit La Grosse Bertha…

Paris sécurisé, Paris rassuré, Paris embouteillé

L’ennui est (aussi, parmi d’autres) que l’instauration d’un tel périmètre de sécurité implique, surtout à Paris, surtout entre République et Opéra-Saint-Lazare, un bel embouteillage. Car bien sûr, les véhicules (particuliers, taxis, bus…) sont déviés, mais pas vraiment en amont. Donc la circulation se reporte sur, par exemple, la rue Montmartre. Par laquelle le fourgon de déminage de la Préfecture de police finit par tenter de remonter… Pour l’anecdote, les démineurs étaient trois, dont une jeune femme n’ayant pas plus froid aux yeux que ces collègues.

Bref, j’ai décroché après avoir salué le seul confrère sur place. Venu par hasard dans le secteur, muni d’un simple appareil photo numérique muni d’un microphone un peu plus puissant que le standard, il a pris des images. L’équipe de déminage a commencé l’inspection à peu près une demi-heure plus tard que la pose des rubans de sécurisation (qui a peu pris de temps, mais elle avait été précédée par les évacuations des terrasses, &c.). Remontant les boulevards en enfilade, j’ai pu constater l’ampleur de l’embouteillage. Saletés de… terroristes bien sûr, voire imprudents ou négligents qui, sans réelles raisons impératives, laissent des véhicules stationnés au même endroit. Saisit-on ce que cela implique vraiment ? Je ne vous évoque pas des véhicules du Samu ou des pompiers bloqués dont les conducteurs font retentir leurs avertisseurs, ni les rendez-vous amoureux manqués, ni… ni… ni… Mais on peut comprendre et admettre qu’après la découverte de deux voitures (Paris, Lodève) immobilisées et contenant des explosifs potentiels, l’opération Sentinelle et le plan Vigipirate soient appliqués avec disciplinaire et un respect « jugulaire-jugulaire » des consignes. Ce qui vaut pour Paris vaut d'ailleurs pour le Pont de Fozières de l'A75 à proximité de Lodève (le propriétaire a reçu un procès verbal de stationnement abusif) et presque toutes les localités françaises à population un tant soit peu importante (Lodève, 7 500 habitants). Il paraît que Daesh manque de fonds (ses puits pétroliers ont été bombardés) et multiplie les taxes et impositions sur un peu près tout (voire rien, comme l'absence de voile pour les femmes, les barbes trop bien taillées pour les hommes). Mais, comme ne l'a pas dit le procureur François Molins ce soir à propos des djihadistes, ces derniers ont déjà commencé à nous frapper au portefeuille. « Merci » Inès, fichée S, et ses copines. Paris restera-t-elle attractive ? Pas ainsi. Le tourisme souffre. #Terrorisme