L’anthropocène, c’est quoi ? L’ère faisant suite à l’holocène, soit l’âge de l’homme, marquée par l’érosion des sols, le réchauffement climatique, et la fin de 12 000 ans d’équilibre – perturbé depuis les deux siècles écoulés – entre l’humanité et son environnement. Le dernier congrès géologique international est quasi-unanime, nous y sommes (dedans et bien profond). La Nasa abonde : 2016 sera l’année la plus chaude de l’histoire moderne et les objectifs fixés par la Cop21 sont d’ores et déjà irréalistes : en moins de 30 ans, cela deviendra insoutenable. Laurent Fabius, ex-président du dispositif Cop21, s’inquiète : « il est vital » que les États retardataires (Russie, Inde, Chine, É.-U., et même ceux de l’U.E.) « fassent vite ».

Hermine à la rescousse contre le réchauffement climatique

Heureusement – ou malheureusement, c’est selon – l’ouragan Hermine, qui va frapper la Floride, sera peut-être la trombe d’eau qui fera déborder le vase des actuaires des compagnies d’#assurances et de réassurance.

Et là, quand la #Finance s’exprime et met le holà, tout le monde pense qu’il faille s’incliner. Qui sont les grands réassureurs ? Des compagnies suisses, russes, nord-américaines, &c., détenant plus d’un trillion de dollars, auxquelles participent des myriades de fonds de pensions, des centaines de familles dirigeantes du monde entier. Ils viennent quasiment de sommer le G20 de mettre fin à l’exploitation des énergies fossiles dès 2020. Oui, sous quatre ans. Et cela inclut l’extraction de gaz de schiste.

Pourquoi ? Parce que cela devient intenable. Les compagnies d’assurances et de réassurances ne peuvent plus faire face aux catastrophes climatiques. Que les victimes ne puissent plus être indemnisées importe… subsidiairement. Mais que les actionnaires voient leurs dividendes fortement diminués, là, c’est le sort des dirigeants, grassement rétribués, qui est sur la sellette.

Et sans surprise, la Chine et les États-Unis prennent – enfin – l’avertissement au sérieux. Le sommet du G20 se tient en Chine les 4 et 5 septembre prochains, et quoi que puissent dire Donald Trump, ou Marine Le Pen, ou Viktor Orban, ou quiconque, là, on touche au grisbi, et la catastrophe financière, voire la fin, est proche. Réduire le réchauffement climatique de 1,5 degré est impossible, mais rester en-deçà de 2 degrés semble – même insuffisant – à peu près réaliste. Donc, faute de se conformer aux accords de Paris dans un futur proche, « on » tentera de s’en rapprocher.

Les pays du G20 sont responsables de 80 % des effets délétères (38 % pour la Chine et les É.-U.).  23 pays seulement ont ratifié les accords de Paris (avec, pour la plupart, la ferme intention de tricher ou de louvoyer). Mais quand leurs dirigeants, leurs banquiers, leurs plus gros investisseurs, sentent le vent du boulet, et que le Pdg d’Aviva, Mark Wilson, leur indique que « le changement climatique est la mère de tous les risques » (pour leurs revenus), qu’Ageon, AZmin, et d’autres opinent, tout comme l’IMF, la pression devient trop forte.

Cela se traduit concrètement. Goldman Sachs contribue pour la campagne d’Hillary Clinton car elle se prononce pour les sources d’énergie renouvelables, ce qui fâche fort Exxon (Esso et autres). C’est très simple : la finance ne peut plus faire face, sans risquer la faillite, aux conséquences du réchauffement climatique. Au fait, qu’en pense Claude Allègre ? Que Nicolas Hulot qualifiait d’imbécile et de « nul complet » ? Ou Nicolas Sarkozy ? Il serait grand temps de s’aligner, non ? Quand le moyen terme devient le court terme, et que l'urgence impose de revoir ses perspectives de profit, retourner sa veste devient le moindre qu'on puisse faire pour préserver ses intérêts. Quand la fonte des neiges et des banquises tape au portefeuille, comme c'est étrange, elle devient crédible. #Ecologie