Ses propos sont sibyllins. En Caroline du Nord, samedi, il avait évoqué une possible défaite en déclarant surtout qu’il redoublerait d’efforts, avec deux-trois haltes électorales quotidiennes, pour être sûr de l’emporter et n’avoir pas à regretter d’avoir sauté une étape. Il a tenu parole en tenant campagne hier dimanche, ce qui n’est pas dans ses habitudes. C’était à Naples (Fla) et il s’est interrogé à haute voix : « Sommes-nous contents que j’ai pris le départ. Sommes-nous heureux ? (…) Eh, je vous le dirai au soir du 8 novembre. ». Il était venu de Palm Beach dans son hélicoptère. Visiblement fatigué, il a vaticiné sur un peut tout et rien. Mais a produit encore un sondage le donnant gagnant de deux points (contre 12 pour Hillary Clinton selon d’autres sondages). Il s’est même targué de devancer Hillary dans l’électorat féminin. Il a surtout annoncé que, gagnant ou perdant, il se produirait encore en public les huit prochaines années. Bien sûr, il s’en est pris à son adversaire, « folle de la gâchette », « épuisée, malade », et réitéré que la bataille de Mossoul n’était qu’un prétexte électoral d’Obama pour la faire gagner.

Looser mais non repentant

De fait, #Donald Trump a laissé une phrase en suspens : « si je perds… ». Sans trop réitérer ses accusations de bourrage des urnes. C’est sur son compte twitter qu’il incite encore (voici 45 min) à rejoindre le groupe #DrainTheSwamp (vider la mare de la Maison Blanche, de Washington). Il sera ce soir à Tampa. Sans doute relancera-t-il sa diatribe sur la théorie du complot des médias qui trafiqueraient les sondages pour le donner perdant, mais on ne sait plus si finalement, il se considérera ou non gagnant – au moins en notoriété – qu’il remporte ou non la Maison Blanche. D’autres difficultés l’attendent s’il perd : des procès, des faillites. Mais possiblement aussi un rôle de patron de presse « propre » dénonçant la presse « pourrie ». Les comités républicains le snobent désormais, omettant son nom pour ne s’en prendre qu’à #Hillary Clinton dans leurs communiqués à destination des électeurs des sénateurs ou des gouverneurs. L’équipe de campagne de Trump soutient que la prise de contrôle de Time Warner par AT&T ressort d’un vaste complot pour museler l’opinion et faire disparaître Trump des ondes et des pages de la presse. Ses électeurs crient « Lügenpresse » lors de ses haltes (Trump est d’ascendance allemande, ses groupies se sont mis à l’allemand, aux slogans nazis, comme « presse menteuse » et d’autres). Sur divers comptes de fans, les journalistes sont listés (la liste comporte des centaines de noms, et parfois la mention « Juif » ou « Juive » est ajoutée, au côté d’une étoile de David), leurs photos barrées de croix rouges, accusés de « désinformer le peuple américain ». Même des journalistes de FoxNews (qui avait soutenu Trump) sont harcelés de courriels, d’appels et textos les accusant de « rouler pour Clinton ». Mais il est aussi accusé de nouvelles turpitudes. Il aurait reçu 17 M$ d’indemnités d’assurances pour les – légers, selon l’AP – dégâts subis par sa propriété de Mar-a-Lago à Palm Beach à la suite du passage d’ouragans en 2004 et 2005. Hillary Clinton le qualifie de « perdant amer » mais les pertes à venir sont peut-être plus importantes. Les vêtements de la marque de sa fille, Ivanka, font l’objet de boycott, ainsi que les magasins qui les vendent. Alors que toutes les entreprises de Trump portaient son nom, sentant le vent tourner, il vient de lancer la marque Scion, pour une chaîne hôtelière visant de jeunes hôtes. Même des candidats républicains à des postes de procureurs (élus) se distancent de Trump. D’escroc intellectuel, Trump risque de passer à la postérité pour l’escroc (du fisc, des étudiants de Trump University, de ses créanciers) qu’il est tout simplement. Les huissiers l'attendent dès le 9 novembre. Eric Trump, son fils, flatte les policiers qu'il a rencontré à Harrisburg (Pen.). Peut-être pour leur demander de ne pas trop serrer les « pinces ». #Etats-Unis