#Je suis Charlie. Je suis Paris. Je suis Orlando. Je suis Bruxelles. Je suis Istanbul et Je suis Nice. Lorsqu’un événement tragique se produit, les hommages se propagent sur les réseaux sociaux.

Cependant, Haïti a été touché par le violent cyclone Matthew. Le bilan est affreusement lourd : près de 900 morts, 90% du sud de l’île est dévastée, les maisons sont totalement détruites, la famine et le choléra font leur apparition. Le problème c’est que l’on préfère connaitre les effets du cyclone aux Etats-Unis alors qu’il n’a fait que des dégâts minimes. De plus, la région de Pool, au #Congo, connait un désastre considérable. Un génocide… qui n'intéresse personne apparemment. Selon Médiapart, au moins 20 000 personnes ont été déplacées, on ne connait pas le chiffre exact de morts. C'est un vrai massacre, le pays est mis à sac mais cela ne suffit pas pour dire "Je suis Congo"... Quelle tristesse !

La proximité, le roi de l'impact social

La loi de la proximité consiste à parler des événements proches de nous car cela aura plus d'impact sur les lecteurs. Un auteur espagnol, Miguel Villalba Sánchez, a publié sur le site El Pais une illustration choc qui montre la réalité. L’image présente un enfant nu sur une planche flottant au milieu des débris. Le slogan " Nobody is Haïti " est placardé sur un fond rouge. L'auteur a voulu démontrer le désintérêt des personnes. Pour résumer, plus c'est loin moins c'est important. Mais cela n'impute pas seulement aux médias. Sûrement que les internautes ont arrêté de soutenir les personnes dans des situations déplorables après les attentats de Nice.

En effet, juste après l'attaque du camion, un hashtag "#Je suis épuisé" a tourné sur la Twittosphère. Ras le bol ? Dégoût ? Désespoir ? ou bien finit les fameux "Je suis...", toutes les attaques ont bouleversé le monde.

Toutefois, il ne faut pas se désintéresser des catastrophes qui se déroulent au-delà de nos murs. Il est évident que les pays pauvres n'ont pas le droit à ce fameux hashtag de soutien moral.  Dans tous les cas, dixit Julien Lepers "Je suis... Je suis... Je suis...", je suis désespéré. #Édito