Jamais les larmes ne couleront devant les caméras de #M6. On les sent pourtant si proches. Dans ce premier épisode d’Une ambition intime, de et par #Karine le Marchand, en prime-time du dimanche 9 octobre, #Marine Le Pen est la quatrième à goûter au canapé et à dérouler le fil de sa vie. C’est surtout la seule à savoir qu’elle sera au second tour de la Présidentielle 2017, en mai prochain.

Marine le Pen passe plutôt bien le test d'Une ambition intime 

A-t-elle plus ou moins à perdre que Bruno le Maire, Arnaud Montebourg et Nicolas Sarkozy ? L'émission n’est pas le énième rendez-vous politique de cette campagne des primaires, préliminaires à la « vraie » élection. L'exercice est différent. Karine Le Marchand, par sa voix, par son sourire, par ses regards, par sa façon de dialoguer plus que de questionner, par son métissage lorsqu’elle sera face à le Pen, s’éloigne des plateaux traditionnels, des journalistes cravatés, des discussions stériles. Ce n’est sans doute pas par hasard si la petite chaîne qui est montée, M6, a programmé Marine le Pen sur le tard. Histoire de garder en haleine des téléspectateurs qui n’attendaient plus grand-chose de Sarkozy, qu’ils connaissent (trop) par cœur, de Bruno le Maire qui restera un outsider sans surprise, de Arnaud Montebourg, ambassadeur du slip français, accueilli avec une bouteille de Bourgogne. Bref, le peuple voulait écouter Marine, pour les fans, le Pen pour les détracteurs. A priori, les hommes politiques en place, ou en devenir, devraient être jugés sur leurs faits d’armes, sur leurs capacités à gouverner un pays, à protéger les populations, à prendre les bonnes décisions pour l’avenir de leurs enfants. Mais cela, c’était avant. Le général de Gaulle, jamais, n’a pris part à une séance de psychanalyse à l’ORTF. Le plus grand effet de com de Valéry Giscard d’Estaing aura été de s’inviter à dîner dans une famille française, dans une mise en scène déjà parfaitement orchestrée. Jamais le président de la République, François Mitterrand, n’aura été obligé d’avouer, sur un divan de Latché (Landes), ses 1200 lettres intimes envoyées à Anne Pingeot. Aujourd’hui, notamment parce que les réseaux sociaux s’en chargeront autrement, les politiques doivent parler. Et se dévoiler.

Karine le Marchand rassurée par les confessions intimes de Marine le Pen

Hier, dimanche 9 octobre, l’émission semblait faite pour Marine le Pen et Karine le Marchand n’y est pour rien. Tous les ingrédients étaient réunis pour avoir soudain envie de l’appeler Marine. Des parents absents, les blessures d’un attentat dont d’autres ne se seraient jamais remis, un père refusant l’achat de Pif gadget aux mains des « communistes », une mère qui pose, nue, dans un magazine de « charme », cette même mère qui s’absente… quinze ans, qui revient sans s’expliquer… et le patriarche qui, blessure extrême, l’oblige à le repousser et à le faire exclure de son parti, le Front national. Hier soir, celle qui s’avoue « timide » a donné l’impression de l'être. Timide et... honnête ! Il n'en faudrait quand même pas trop... On voit mal la femme « chasser » le migrant, « surveiller » le communiste, « raser » les mosquées, « bafouer » la liberté d’expression. Faudra t-il faire ses valises au cas où ?. Posée par le Marchand, l’interrogation a du sens. La réponse rassure la journaliste. Et sans doute quelques milliers de téléspectateurs ! Marine le Pen n’était pas chaude pour faire l’émission. Pas sûr qu’elle n’ait pas ouvert une bouteille de bulles ! La faute à le Marchand ? Ou à celle des Français qui voudraient continuer à lutter contre le FN avec les armes d'hier ?