C'est Maria Montessori qui a dit qu'"établir la paix durablement est le travail de l'éducation. La politique ne peut qu'éviter la guerre." Et c'est mon tonton du bled qui a dit que "les politiciens sont tous des criminels et des vendus" (et il est diplômé de Sciences Po Paris). Alors qu'on m'explique comment des hommes politiques parviennent encore et encore à être considérés comme des symboles de paix. Vendredi dernier, un grand suspense régnait sur le monde qui avait les yeux rivés sur Oslo : qui remporterait le Nobel de la Paix ? Les casques blancs de Syrie, civils reconvertis en secouristes, dont on ramasse les lambeaux à Alep ? Le gynécologue Denis Mukwege, l'homme qui répare les femmes violées de RDC ? Les habitants d'îles grecques qui accueillent les migrants, alors qu'ils pourraient très bien les laisser profiter plus longtemps de la mer ? On se réjouit déjà qu'ils aient été nominés.

Mais on n'a pas nominé les jeunes Françaises comme Ebru Firat qui quittent tout pour aller combattre Daech au risque de se voir maintenir en captivité sur le chemin du retour, sous l'indifférence de François Hollande. On n'a pas mentionné Pierre Le Corf, ce Breton de 27 ans qui a vendu tous ses biens pour créer l'ONG "We are superheroes", s'installer au milieu de l'enfer d'Alep et distribuer des kits de premiers secours aux civils. On a ignoré les associations humanitaires et les reporters qui se déplacent dans la région du Pool du Congo-Brazzaville, où un génocide qui n'intéresse personne continue d'avoir lieu (un peu comme le Jour du Seigneur sur France 2). On s'est bien gardé de prendre en considération les mouvements LGBT, les associations contre le racisme, les penseuses féministes, les artistes et cinéastes qui contribuent à vulgariser la tolérance et la différence, malgré l'acharnement de politiciens populistes de plus en plus populaires.

Le Pape François et une armada d'hommes politiques, grands favoris de cette plaisanterie 

Non, à la place, on a nominé le Pape François, cet homophobe et transphobe qui craint de voir des garçons en rose et des filles en bleu, et qui n'acceptera jamais de céder sa place à une femme (Une femme papesse ? Dieu n'est pas folle). On a nominé Laurent Fabius et toute sa clique de la COP21 qui sont persuadés d'avoir réussi à nous embrouiller avec leur accord sur le climat (ils ne savent pas qu'on regarde les reportages d'Élise Lucet). On a nominé John Kerry et les chefs de diplomatie iranienne et européenne Javad Zarif et Federica Mogherini pour leur dialogue autour d'une bombe made in USA. On a nommé Juan Manuel Santos, le président colombien. De tous les politiciens de Colombie, c'est lui le président. De tous les politiciens de Colombie, il est le plus haut placé. Un proverbe (africain, comme on dit) dit que plus le singe grimpe, plus on voit son cul. Juan Manuel Santos est celui qui a grimpé le plus haut, et tout ce qu'on voit, ce sont ses pattes blanches qui n'ont jamais piétiné le sang, ni la poudre de cocaïne.

J'ai à peine ri à cette mauvaise blague. La blague est si énorme qu'on ne remarque même plus qu'elle en est une. Un peu comme les religions. Puis, j'ai mené mon enquête : j'ai lu que ce sont, chaque année, cinq élus du Parlement norvégien (des politiciens donc) qui sélectionnent les lauréats du #prix nobel de la paix. Les lauréats des autres Prix sont choisis par l’Institution académique suédoise. Ah, d'accord... Puis, j'ai lu qu'il y avait pour les lauréats 835.000€ à la clé. Ah, d'accord, d'accord... #Pape François #juan manuel carlos