La beauté de la langue française réside en grande partie dans la pluralité de ses figures de styles et la subtilité d'une grande partie de ses expressions. Ce capital linguistique, nourri de la dialectique permettent aux francophones de s'exprimer avec beaucoup de pudeur, de finesse et d'élégance, d'où la langue française est la langue de la diplomatie, à l'échelle mondiale. Et ce n'est pas tout. En effet, le français est véritablement la langue des intellectuels. C'est ainsi que, plus le niveau d'études s'élève chez les personnes francophones, plus on assiste à un affinement de leur intelligence, de même que leur discours devient de plus en plus calibré. Toutefois, depuis quelques années, en France, les femmes et hommes politiques sont de plus en plus confrontés à un phénomène, celui la politisation des métaphores qu'ils emploient dans leurs discours privés et officiels, à des fins malicieuses.

L'affaire du nettoyage au Karcher

Chacun se souvient du passage d'un ministre de l'intérieur dans un quartier difficile de la région parisienne. Probablement, ulcéré par la gravité des actes hautement répréhensibles, au vu de leur caractère délictuel, commis par certains jeunes, et sans doute, conformément aux mesures chocs qu'il envisageait en vue de leur éradication, le ministre de l'Intérieur avait employé l'expression de "nettoyage au karcher". Cela a suscité un grand tollé parce que l'expression a été pris au premier degré. Alors qu'au fond, il fallait entendre la vigueur des mesures à venir, pour lutter contre le banditisme, l'on a plutôt entendu ce qu'on a voulu expressément entendre. Même au risque de l'aggravation de la fracture sociale !

L'affaire des sans dents

Depuis 2014, une autre métaphore est devenue une "variable d'ajustement" en politique française. C'est celle des "sans dents", qui désignerait les pauvres ! Comme si il n'y avait que les pauvres qui perdaient leurs dents en ce monde. Comme si les riches gardaient leurs dents à vie. Et comme si les bébés ne naissaient pas sans dents !

De surcroît, une grande majorité de la population est «sans dents» puisque, appareillée par un dentier. Autant dire que dans toutes les couches sociales, en France, comme ailleurs, il existe des « sans dents », protégés par des appareils dentaires. Pourquoi vouloir à tout prix,voir dans la métaphore des « sans dents », un synonyme de pauvres ? Les riches garderaient-ils à vie toutes leurs dents ? Seuls les pauvres sont-ils destinés à perdre leurs dents ? Et, c'est là, où, on voit la malice de la politique politicienne.

Muscler les cerveaux des joueurs de l'Equipe de France

Depuis quelques semaines, dans un livre-conversations fraichement publié, une métaphore attribuée au président de la république parlerait de la musculation des cerveaux de nos sportifs. Sans l'interprétation politicienne, on entendrait simplement une incitation à des politiques éducatives pour les sportifs français, en vue de relever le niveau de certains joueurs qui n'ont pas fait de grandes études. Là, encore, la politique politicienne a manqué une occasion de se taire. Ainsi, comme si l'instruction de tous n'était pas un droit fondamental à valeur constitutionnelle, de tous bords, chez les politiques comme chez les médias, la mauvaise foi se le dispute à la manipulation des consciences.

Pour une menace sur le niveau intellectuel ?

Va-t-on vers une disparition des euphémismes, des métaphores, des métonymies et de la langue langue française tout simplement ? Avec l'interprétation au premier degré des discours de nos femmes et hommes politique, c'est un véritable péril qui pèse désormais sur le discours académique qui isolait la classe politique de la familiarité et de la banalité, tout en faisant son charme. Et, avec la classe politique française, dont on souhaite apparemment la banalisation et la folklorisation du discours de haut niveau, c'est absolument le rabais de la France au niveau intellectuel qui est visé. #Education #François Hollande #Paris politique