Gastounet, ce n’est ni plus ni moins ce Français que vous croisez, le matin, à l'heure du petit noir sur un zinc de la capitale, sur le comptoir de votre bar de Province. Gastounet, c’est un Français qui se cherche et qui, sur certains dossiers, ne sait plus quoi penser. C’est au bistrot, mais cette fois à l’heure du petit jaune, qu’il vient d’entendre la nouvelle : les avocats de Salah Abdeslam, impliqué dans la logistique des attentats du 13 novembre 2015, jettent l’éponge. Notre homme, un verre à la main, les yeux en direction du journal de France 2 ne tarde pas à réagir. « Bien sûr que ce terroriste n’est pas un brave mec. Mais, quand même. Où en est notre société pour priver de liberté, 24h sur 24, un être humain ? Vous vous rendez compte, pas une seconde pour lui, pour sa vie d’homme qu’il est malgré tout. Pourquoi pas, non plus, laisser un gardien dans sa cellule… ». Le bistrotier, en lui versant un autre verre, tente un très courageux « Oui, mais quand même ! ».

Mais Gastounet est droit dans ses bottes, Il n’en démordra pas. Et trouve des raccourcis qui… ont le mérite d’exister à défaut de découler d’une étude philosophique très poussée. « ll ne viendrait à l’idée d’aucun paysan de mettre une seule poule dans un poulailler, un seul cheval dans un champ. Ce terroriste est jeune, il faut lui laisser une chance, le rééduquer plutôt que d’en faire une bête sauvage ». Du fond du bar, une jeune femme ne voulant pas s’immiscer plus que ça, mais sortant de ses gonds : « vous ne pensez pas que c’est déjà une bête sauvage ? ». Gastounet n’a pas entendu. Et le voilà expliquer qu’il est humaniste « humaniste un peu alcoolisé », reconnait-il, mais qu’il serait d’accord pour visiter Abdeslam en prison. « Tout homme a du bon en lui, un jour peut-être le prouvera t-il ?. Si ses avocats (Sven Marty et Franck Berton) le lâchent, c’est juste parce qu’il ne peut plus rien leur apporter médiatiquement. Ou qu’il ne les paye pas suffisamment. »

Gastounet : Que l’on donne une arme à Salah Abdelsam, pour lui !

Le bar bat son plein. Les uns sortent, d’autres arrivent. Gastounet lui, s’accroche au comptoir.. Le mec est plutôt grande gueule. Il est rentré dans le bar en maugréant. « Saloperie de terroriste » lâche t-il à son ami cafetier. « Comment ça va Gastounet ? T’as vu l’autre con qui voudrait une cellule de luxe ?». Gastounet sourit : « Quand tu penses qu’ils font tout ce bordel pour qu’il ne se suicide pas. Ils feraient mieux de laisser tomber un flingue en faisant le tour de sa cellule. Le nombre de "bons Français" qui voudraient des caméras de vidéosurveillance dans leurs quartiers ! Et lui qui en a une individuelle. Il ne risque pas de se faire agresser ! ». Les deux compagnons partent d’un fou-rire et Gastounet ajoute « Et tous ces pauvres qui n’ont même pas un logement. C’est pas honteux, une « chambre » que pour lui, des repas servis à domicile… Et il se plaint. Qu’on lui coupe les … Que l’on pense à ses victimes qui, elles, ont été condamnées à la peine de mort ». L’autre acquiesce: « T’as raison mon ami, y’a qu’à voter pour la Marine et tu vas voir. Elle, elle va ouvrir la porte de sa cellule et… fermer les yeux. ».

En une demi-heure Gastounet s'est inventé une méthode à double détente. Celle qu’il adopte au Casino. Dix euros sur le rouge... et dix euros sur le noir !  Il n'a pas encore compris qu'il ne gagnera jamais. Gastounet n'est pas homme à trancher. On s'étonne moins des difficultés rencontrées par les instituts de sondage pour les élections. Les Gastounet, c'est tout simplement leur hantise ! #Salah Abdelsam #Justice #Terrorisme