La #Toussaint rime trop souvent avec la mort, pourtant célébrée le 2 novembre. Le jour où beaucoup vont pleurer les leurs et où d'autres viennent soigner leur ego. Le chrysanthème posé, la tombe attendra... un an. Qu'importe pour ceux estimant que celles-ci sont vides. Pour eux, l'esprit et le corps ne sont plus.

Un temps de Toussaint ? Qui n'a jamais fait cette remarque ? Pas moi. Quand, en plein été, une brume vient à cacher, provisoirement, le soleil. Quand une journée de printemps est "affaiblie" par une pluie assombrissant l'horizon. Toussaint rime avec mort. Vous l'aurez compris, la connotation n'est pas très valorisante. Dans certaines régions françaises, l'habitant aura, aujourd'hui, ouvert ses volets plus tard qu'à l'habitude. Et il aura ouvert sa journée sur ... un temps de Toussaint. Certains commerçants, eux, n'ont pas voulu voir la vérité en face. Jour férié, jour de congés. Du reste, changer son téléviseur peut attendre demain. Et, justement, même si beaucoup l'ignorent, le jour des morts, des défunts, c'est bien le 2 novembre. Mais, eux, les morts ne le savent pas et s'en foutent un peu. Ils habitent leur dernière demeure depuis si longtemps qu'ils ne sont pas pressés. Et ils attendent. Sans savoir quoi. D'ailleurs, les racines des chrysanthèmes déposés avec amour... ou hypocrisie, n'auront pas le temps de les atteindre, fanés qu'ils seront, gelés ou remplacés par d'autres variétés. Si les fidèles prennent la route des cimetières, régulièrement, au gré de leurs envies mais surtout de leurs manques, de cette déchirure à jamais présente, d'autres, et ils sont nombreux, sortiront les habits les plus jolis et espéreront croiser plein de monde. Histoire de bien se faire voir. De montrer que, non, ils n'ont pas oublié les leurs. Franchement n'est-ce pas plus "honnête" d'y aller quelques jours avant. Ou quelques jours plus tard. Et, d'ailleurs, les inhumations ont trouvé un sérieux concurrent, les crémations de plus en plus nombreuses qui n'arrangent pas les affaires des fleuristes.

Une fois par an sur la tombe, le jour de la Toussaint 

Et puis, aussi, ceux qui estiment que les morts "sont partis" et qui avancent: "toutes les tombes sont vides". Question de croyance. Ou d'athéisme. La question peut alimenter des discussions sans fin au moment du repas. Parce que personne ne détient la "vraie" vérité et ne veut précipiter les choses en allant tenter l'expérience. Si vous allez au #Cimetière, vous ferez comme tout le monde, vous regarderez les tombes des inconnus et vous calculerez leur âge de décès. Comme pour trouver plus malheureux. Il faut bien détourner son attention, trouvez un dérivatif pour ne pas trop être dans l'émotion. Car, dans le doute, mieux vaut se dire qu'il y a une forme de vie dans ces tombes. Une autre vie, certes, sans contact possible. Encore une fois, une question de religion. Les enfants, eux, n'ont qu'un mot en bouche en évoquant la Toussaint : vacances. La signification de la mort, ils auront le temps de l'apprendre.