Le 26 janvier sera rendu en délibéré le jugement de l’affaire AFC (Associations familiales catholiques) contre les campagnes publicitaires du site de rencontres extra-conjugales Gleeden. L’affaire remonte à 2015 mais on peut constater que, depuis, en dépit du reflux de la #Manif pour tous, du faible résultat de Jean-Frédéric Poisson à la primaire de la droite et du centre, les catholiques traditionalistes ont le vent en poupe. Ils sont désormais partout bienvenus dans la ‘’droite hors les murs’’ et jusqu’au centre-droit qui soutient la candidature de François Fillon s’étant rallié de fait la plupart des tenants du courant Sens commun. Il convient de remémorer que l’appellation est dérivée des thèses du communiste novateur Antonio Gramsci (†1937) qui avait théorisé une philosophie de la praxis et traité de l’hégémonie culturelle. Et c’est bien d’hégémonie dont il est question. Voilà deux-trois décennies qu’une partie de la droite se donne pour objectif primordial d’agir dans les domaines sociétaux et culturels pour éradiquer ce qu’on appelle grossièrement ‘’l’esprit de 1968’’. Dernier épisode en date de l’offensive, l’affaire des affiches de la campagne de prévention contre le sida. #Robert Ménard, en sa bonne ville de Béziers, prône désormais la fidélité conjugale en détournant à peine une affiche du mouvement Europe for Family (Une Europe au service des familles). ‘’S’aimer pour se donner’’ est une formule récurrente des neuvaines, retraites et cercles de prières catholiques, et bien sûr des ateliers de préparation au mariage des divers diocèses.

Robert Ménard, trois fois remarié

Emmanuelle Duverger est la quatrième épouse de Robert Ménard, père de Michel, issu d’une union précédente, et de Clara, la très pieuse fille de son actuelle conjointe, proche, selon Libération, de Civitas. Robert Ménard se pose en une sorte de Christian Reborn, Emmanuelle Duverger, son actuelle épouse, est l’auteure, sur le site Bvoltaire, d’articles bien sentis du style ‘’doit-on entretenir la concubine de François Hollande ?’’ (alors Valérie Trierweiller). On imagine que Madame Duverger n’est pas arrivée vierge à ce mariage (dans un article, elle évoque ses enfants, et non sa seule fille) mais cela ne nous regarde pas et on voudra bien accorder aux époux Ménard qu’ils vivent chrétiennement. Quant à leur bonne foi, elle s’accommode fort bien d’actes militants, chez d’autres en tout cas (il faut reconnaître une certaine tenue aux écrits d’E. Duverger-Ménard), quelque peu en contradiction avec l’esprit des évangiles. On espère aussi que les contractuels de la Mairie de Béziers sont mieux rémunérés que ceux de l’Opus Dei (payés au lance-pierre, voire, comme en Scientologie, ponctionnés de leurs revenus extérieurs). Ce retour d’une droite loden et jupe plissée (et pourquoi pas prônant le ‘’tout-sauf-tout’’ préservant la virginité jusqu’au mariage) s’affirmant conquérante n’est pas qu’affaire de convictions personnelles. Il s’agit bien d’une offensive politique visant au contrôle des esprits. L’ennui, c’est qu’elle est contagieuse, et qu’elle s’accommodera fort bien du refus d’embauche de partenaires de couples ‘’à la colle’’, de la stigmatisation sociale des ‘’filles-mères’’, du retour des ‘’faiseuses d’anges’’ (par ailleurs dames patronnesses en paroisses), de la #falsification historique dans les programmes scolaires, &c. On n’en est pas là ? Eux, non, peut-être, en leur for intérieur. Mais leurs adeptes ? Ils défendent ‘’la nature’’ comme naguère la terre (qui, elle, ne ment pas, celle des agriculteurs aux mains calleuses), quitte à la massacrer pour en tirer le maximum aux dépens de la santé des enfants des autres, et surtout le droit des plus forts qu’ils aspirent à rejoindre en se faisant élire. Quand vous entendez cette droite dire que la pire inégalité, c’est le chômage, entendez que leur solution, c’est la bonniche ou l’homme de peine mal nourri, mal logé, très faiblement gagé, mais fidèle… à leur personne. Mai, mai, mai, chantait Nougaro.