Dans un pamphlet publié sur son site de campagne, le candidat #Mélenchon (La France Insoumise) livre une analyse très critique du #Programme de #Macron, qui vient de paraître. Il l'accuse notamment de représenter tout ce système décadent que le peuple déteste, sans pour autant l'assumer. Car l'ex-ministre de l'économie l'a bien compris : pour remporter un vote aujourd'hui, il faut se présenter comme candidat anti-système. Il le désigne ainsi de "nouveau masque pour le vieux monde".

Un préambule plein de promesses à une probable candidature

Mélenchon est d'abord frappé par la familiarité de ces propositions : finalement, pour un homme qui se présente comme neuf, le programme est bien archaïque. Ce sont les mêmes mesures libérales tant déclamées dans les années 1980 et 1990. La différence vient de la façon dont elles sont mises en avant, masquant un plagiat des anciens programmes de la droite, voire de l'extrême-droite. Bref, il ne trompe personne : ce n'est pas avec cela que la France va positivement changer.

Réformer le droit du travail... au détriment des salariés

Macron demande à ce que le dialogue social soit encouragé, pour qu'il vienne remplacer la loi, trop rigide, qui régit le droit du travail. Or, Mélenchon y voit un recul des droits sociaux fondamentaux : donner les pleins pouvoirs au patron grâce à un contrat qui subordonnerait le salarié, c'est de l'esclavage moderne. En outre, Macron propose de flexibiliser et d'assouplir ce droit du travail. Autrement dit, tout ce que contient la loi travail tant décriée, qui ne fera qu'augmenter la précarité. "Comme c'est neuf ! Comme c'est inventif ! Sors de ce corps, Gattaz, on t'a reconnu." Le candidat de la gauche de la gauche n'est pas dupe. Ce vocabulaire, il sort de la bouche du président du MEDEF.

La libéralisation de l'école, machine à produire de l'inégalité

Macron défend une plus grande autonomie des écoles, et une différenciation de la rémunération des enseignants. Mais Mélenchon n'y voit que des effets pervers. D'abord, les écoles choisiront elles-mêmes leurs élèves, en faisant un tri systématique à l'entrée. Ensuite, elles seront en concurrence pour avoir les meilleurs enseignants, quitte à leur verser plus d'argent. Le candidat de la France Insoumise ne cache pas son dégoût. "A vomir !", s'exclame-t-il. Il va même jusqu'à affirmer qu'une telle libéralisation de l'école outrepasse ce que la droite n'avait jamais osé faire. Ce faisant, il marche sur les terres du FN qui, depuis 20 ans, défend le même projet. Bref, tout ça, c'est du déjà vu, et on n'en veut plus. Une bonne recette certes pour tenter d'arriver au pouvoir sans trop de mal, en feignant de se départir de la gauche et de la droite. Mais dans le fond, c'est la droite et l'extrême-droite qui s'y retrouvent le plus.