Ces dernières années, un rêve fou s'est emparé de l'#Afrique subsaharienne : celui de sortir d'une coopération avec les anciennes puissances coloniales qu'elle juge peu rentable, appauvrissante et paupérisante. De ce fait, un seul vœu devenu un leitmotiv est sur toutes les lèvres en Afrique : le partenariat gagnant-gagnant à l'origine d'un multi-partenariat diplomatique si j'ose ainsi dire. Dans cette folle quête d'un partenariat gagnant-gagnant, on assiste à un véritable saut du coq à l'âne d'un continent tout entier, caractérisé par plusieurs sommets ubuesques, aussi bien les uns que les autres. En effet, tout se passe comme si, sorti d'une léthargie, l'on voulait rattraper le temps perdu.

Tantôt, on parle du sommet Afrique-Chine. Tantôt, c'est d'un sommet Afrique-Russie qu'il s'agit. Dans la même perspective, on entend parler d'un sommet Afrique-Europe d'une part, et d'autre part, d'un sommet Afrique-Amérique. De même, on parle d'un sommet Afrique-monde Arabe, ou d'une coopération sud-sud. Multi-partenariat diplomatique ? Frivolité coopérationnelle ? Naïveté d'un continent ? Une chose est sûre, notre continent se rend ridicule dans l'absolu, car sa quête d'une coopération gagnant-gagnant révèle l'esprit de naïveté qui le gouverne et les illusions dont il se berce. En effet, qui dans ce monde, engagerait des investissements dans un domaine; sans l'espoir d'un profit maximum ? En tout cas, le comportement de l'Afrique au Sud du Sahara rappelle bien deux légendes en vogue dans ses villages.

Les légendes de l'homme le plus radin du monde et de la belle femme devenue vieille fille à vie parce que trop exigeante

Dans la légende de l'homme le plus radin du monde, il est fait mention d'un homme à la recherche d'une femme à épouser à la seule condition que celle-ci soit dépourvue d'une bouche. En effet, trouvant ses ex-épouses trop gourmandes et forcément budgétivores, il a fini par les répudier toutes, les unes après les autres. Désormais, il recherche une femme dépourvue d'une bouche pour être sûr de ne pas avoir à dépenser pour la nourrir. Après des années, voire des siècles de recherche, notre homme a fini par trouver une femme dépourvue d'une bouche. Quelle ne fut son bonheur ! Un mariage des plus fastes a été organisé. L'homme a aménagé avec sa nouvelle épouse au domicile conjugal. Toutefois, des mois après, il se rend compte qu'il ne fait toujours pas d'économies.

Au contraire, ses dépenses ne font qu'augmenter. Les fruits de la chasse et de la pêche disparaissent immédiatement dès qu'il les ramène à la maison. Les produits agricoles sont volatilisés en un temps record. Et pourtant, il n'est que seul à manger les repas cuisinés par son épouse. Jamais, il n'a vu sa femme manger. D'où vient alors cette disparition rapide des provisions qu'il fait ? Il finira par le découvrir. Un jour, rentré des champs sans prévenir son épouse, il surprend cette dernière en train de se gaver ! Il découvre alors que sa femme avait bel et bien une bouche, contrairement à ses illusions. Et la bouche de sa femme, contrairement à toutes les autres bouches bien visibles, est bien cachée, nichée sous l'aisselle !

Concernant la légende de la belle femme, la légende dit que malgré sa grande beauté, elle était trop exigeante. À tous les hommes qui voulaient l'épouser, ou même ceux qu'elle a fréquentés, elle a trouvé un défaut. Ainsi, si tel était trop radin, tel autre était trop laid. Et si tel était trop violent, tel autre était trop mou. Et si tel était un riche insolent, tel autre était trop pauvre. Et si tel était de taille trop petite, tel autre était trop grand. Ainsi de suite. Pour finir, la belle femme adulée de tous vieillit seule, sans avoir connu le mariage.

Leçon : la perfection n'existe pas.

L'Afrique au Sud du Sahara gagnerait à s'inspirer de ces deux légendes sortis directement de ses villages, avant que ce ne soit trop tard pour elle. #Investissement #Croissance économique