Vivre un concert de rock entre amis est une chose que bon nombre d'entre nous connaissent. Quel caractère diabolique peut-on trouver dans cette débauche de fraternité ? L'incompréhension domine. Comment peut-on faucher un moment de joie par une telle violence ? Fred Dewilde raconte son histoire, parmi toutes les autres, de cette macabre soirée au Bataclan.

Rock'n'roll is not dead!

Ce soir-là, le rock et tous ses disciples ont été meurtris. Eagles of Death Metal, un groupe que j'aurais pu aller voir. Ma musique, ce qui me fait vibrer, a été attaquée de plein fouet ! C'est comme-ci on avait attaqué mon propre frère. Leurs idéologies malsaines et débiles veulent nous dicter ce qui est bien ou mal. Qu'ils aillent au diable ! De quel droit jugent-ils ce qui nous permet de nous évader et de partager des choses ? Le rock est une bénédiction (comme tout autre musique d'ailleurs). On se fout complètement de leur point de vue. Ils ne pourront jamais empêcher ce courant musical d'exister. Nous sommes beaucoup trop nombreux. Je n'ai jamais vu autant de tolérance et de bienveillance que dans ces concerts. La communion est totale. Tout n'est que plaisir et convivialité.

Une "putain" de soirée.

Les dessins de Fred Dewilde sont un exutoire, une façon de refermer cette parenthèse. Attention ! Ce n'est pas une oeuvre ultra-dégueulasse avec du sang partout. C'est plus subtile. Nous sommes directement plongés dans sa tête. Ses doutes et ses angoisses nous arrivent en pleine figure. Qu'aurait-on fait à sa place ? Tout le monde n'est pas Bruce Willis comme il le dit si bien. A travers ses images en noir et blanc, on se rend compte de cette violence frontale et soudaine. Chose à laquelle nous ne sommes pas habitués. Cette brutalité le met face à une montagne d'émotions mélangées au shaker. Fred réagit avec sa personnalité et son humour noir pour se protéger de ce moment étouffant. Mon impression est qu'il pourrait être un de mes potes. Un de celui avec qui je pourrais aller voir un concert. C'est quelqu'un de normal à qui il est arrivé une chose anormale.

Notre époque avance et recule en même temps. Le progrès technologique bondit à chaque minute, mais nos mentalités régressent. Vivre ensemble n'est qu'une belle utopie. La violence est devenue le langage universel et devient le moyen d'imposer ses idées. Cette oeuvre est là pour nous le rappeler. D'ailleurs, il aurait été mieux qu'elle ne voit jamais le jour. Cette catastrophe n'aurait jamais dû avoir lieu. Vive le #Bataclan ! #Daesh #Attentat de Nice