Certes, la campagne pour la Présidentielle 2017 n'a pas encore commencé. Mais la primaire à droite et le positionnement des prétendants potentiels à gauche (en y incluant François Hollande), permettent déjà de fixer un certain nombre d'idées programmatiques. Et ce que l'on y voit n'engage pas à beaucoup d'optimisme. La #France, comme beaucoup de pays occidentaux, est entrée dans une phase de son histoire qui la bouscule. La mondialisation avec son mouvement de désindustrialisation et de compétition violente, le terrorisme que l'on aborde encore avec beaucoup de précautions et d'incertitudes, le phénomène migratoire qui, par sa recrudescence nous rappelle que la question de l'intégration n'a jamais fait l'objet d'un vrai débat, les contraintes environnementales qui supposent une transition énergétique difficile... sont des sujets complexes, réclamant un positionnement #Politique voire philosophique dont on ne retrouve aucune trace chez aucun des candidats à l'élection présidentielle de 2017.

Un vrai débat d'idées aux abonnés absents

Car il faut bien s'entendre sur ce que signifie "aborder les grandes questions". Ce n'est pas en passant, au détour d'une kyrielle de propositions de circonstances, que l'on peut les appréhender correctement. Ce n'est pas non plus par la polémique ou la réponse stéréotypée. Ce n'est pas plus en prétextant que "les Français ne sont intéressés que par le chômage et la croissance" comme on entend si souvent, histoire d'éviter les sujets sensibles. Force est de constater qu'aucun candidat ne s'est engagé sur la voie d'une réflexion globale sur ces grands thèmes. Mêmes ceux qui revendiquent une rupture avec l'exercice classique de la politique (comme Emmanuel Macron), et comme tous les autres, envisagent leurs politiques au travers des mesures plutôt à dominante économique plus ou moins libérales (ou pas libérales du tout), avec un volet fiscal, des incitations à innover, etc... S'y ajoutent quelques mesures d'ordre social et deux ou trois éléments de cohésion d'ensemble (il est préférable, par exemple actuellement, de proposer plus de policiers). Et l'affaire est entendue. Si ces questions ont leur intérêt évident, elles ne devaient cependant pas être l'alpha et l'oméga de cette campagne.

Il est urgent de ne plus différer la réflexion

Contrairement à ce qui se dessine dans les faits (et sous réserve d'une heureuse surprise...), la Présidentielle 2017 était une occasion particulièrement forte, en terme de calendrier, d'inclure dans les programmes politiques, une évocation des grands sujets, sans chercher à en épuiser la substance (ce qui serait une manière de s'en débarrasser), mais au contraire d'en esquisser les rapports avec nos systèmes de pensée et les grandes options du monde contemporain. La question des flux migratoires, si prégnante, n'est en rien résolue en disant qu'il y a trop d'immigrés ou par la création de places d'hébergement pour les réfugiés. Car il manque le débat concernant la capacité d'accueil de la France, au regard non pas des critères économiques mais de ceux relatifs à l'identité culturelle. La souhaite-t-on? À quel niveau place-t-on l'équilibre ? Voilà bien des thèmes largement escamotés parce que considérés comme politiquement incorrects.

Le terrorisme, la radicalisation, la capacité de l'islam de France à se conformer aux institutions, sont bien-là de très vastes sujets, d'une grande complexité, mais que peu ou prou, nous ne voyons pas émerger des programmes électoraux, sinon sous l'angle de la sécurité. Certains politiques ont, au moment des attentats, évoqué un état de guerre. A moins qu'il ne s'agisse que d'une formule de circonstance visant à surenchérir dans le pathos, il serait temps de s'interroger sur la réponse que la France peut apporter à une situation qui est d'autant plus grave qu'elle trouve son origine au sein même du pays. Retarder encore l'évocation publique de ces problèmes est une erreur fondamentale, car les risques sont grands d'une perte de cohésion. #presidentielles2017