« Le bébé est mort. Il a suffi de quelques secondes. Le médecin a assuré qu'il n'avait pas souffert. On l'a couché dans une housse grise et on a fait glisser la fermeture éclair sur le corps désarticulé qui flottait au milieu des jouets. La petite, elle, était encore vivante quand les secours sont arrivés. Elle s'est battue comme un fauve. » Leïla Slimani, Une chanson douce, Gallimard, 2016.

Si j'avais lu...

... Une chanson douce de Leïla Slimani, dernier #Prix Goncourt auréolé de chez Gallimard, j'aurais sûrement flippé grave pendant tout le livre en psychotant sur la loi de séries. "Le bébé" meurt dès le début comme la mère de Meursault dans l’Étranger de Camus qui lui-même s'éteint à 46 ans un 4 janvier avec Michel ...Gallimard. Au secours, il y déjà trop de coïncidences, sachant que l'année prochaine au mois de janvier je vais atteindre le même âge ! Et je ne vous parle même pas de Kamel Daoud qui l'an passé a lui aussi eu son prix Goncourt pour son roman Meursault contre-enquête. Perso, rien que par superstition je ne touche pas à ce bouquin, ça sent la guigne, et puis je ne supporte pas qu'on touche aux enfants.

Bon je vais cesser de faire mon censeur acariâtre et je vais lire quelques lignes de plus, juste pour voir. La référence à Camus c'est fait, ensuite ce qui me saute aux yeux ce sont les débuts de phrases avec le sujet en première ligne : "Le bébé ; Il ; Le médecin ; On ; La petite fille ; Elle " Tout cela est assez impersonnel, ça exhale encore quelques fumets camusien, avec en prime l'emploi de ce passé composé aujourd'hui aux accents démagogiques. L'image du « corps désarticulé », je n'adhère pas et je n'arrive pas à m'imaginer que des individus puissent mettre une gamine dans une housse mortuaire avec des jouets, quant à la comparaison avec un fauve ... D'accord ça fait des antithèses mais ce n'est pas très réaliste et le rapprochement imagé avec une marionnette c'est presque de mauvais goût.

En définitive, je ne sais pas si je vais lire Une chanson douce, il y a bien une accroche qui ne laisse pas de marbre mais les "ficelles" sont un peu grosses, le style même semble un peu trop emprunté à Celui dont il ne faut pas dire le nom. Ça sent la révolte convenue. Bref j'ai plutôt l'impression que l'Académie Goncourt culpabilise de ne pas avoir récompensé Camus en son temps et tente aujourd'hui vainement de le faire par procuration. #Leila Slimani #Albert Camus