Le texte suivant n'a certainement pas pour vocation de redorer le blason de cette funeste victoire. Il vise humblement une tentative explicative des circonstances propices à l'émergence de ces modes d'expression un tantinet primale, qui consistent à préférer Donald à Mickey. Les réactions allant en chaîne, les déferlements légitimes d'indignation anti-Trump auraient tendance à s'inscrire dans cette atmosphère électorale délétère. N'est-ce pas au contraire le moment d'obtenir, autant que faire se peut, un point de vue objectif sur le contexte de la naissance du monstre ?

Un système occidental de gouvernance représentative à bout de souffle

Dans cette perspective, n'est-ce pas l'extrême opacité de ce système monde qui, à force de scander l'évidence de son modèle de démocratie, en aurait quasiment oublié la signification même du mot? Sous couvert de "démocratie", ce même système est en réalité gouverné par des rouages qui dans une apparente bienveillance (dont plus personne n'est dupe), nous démontrent chaque jour la consécration écrasante d'une insidieuse loi du plus fort, pour ne pas dire du plus riche, évidemment. Toujours dans cette considération sémantique, que dire du terme "populisme" si souvent dénigré par les "médias dominants"? Par quel miracle veulent-ils encore faire croire aux gens, tout en les insultant littéralement et régulièrement, que le sommet de la pyramide leur veut du bien? Alors bien sûr ce peuple, effaré par les incohérences qu'il perçoit en permanence dans les pratiques de ses "représentants", épuisé par le chaos provoqué par des événements comme la crise des subprimes en 2008, se met à espérer coût que coût une alternative. De par les quelques rares moments d'expression qui lui sont concédés par sa "démocratie" chérie, il aspire un jour à sortir de cette impression fort désagréable selon laquelle des lobbies bancaires et industriels mondialisés, gouvernent à travers ses soit-disant représentants. Par conséquent, cette population délaissée vote pour ce gars qui lui vend un protectionnisme économique "rassurant", cette population majoritaire plébiscite ce type qui lui promet de la soulager de trop d'impôts, même si le gugusse est climato-sceptique et pense que "la réussite, c'est génétique".

La France, l'autre pays des Etats-Unis d'Amérique

On a pu voir éclore en France le parti "républicain", on a pris les mêmes et on a recommencé à la sauce américaine, avec pour principal objectif de nous faire bouffer de la vache enragée. Et quand le mouvement fortement essoufflé qui n'a de "socialiste" que le nom, sera définitivement mort et enterré, il y a fort à parier que viendra son corollaire insufflé d'outre-atlantique: le "parti démocrate" très attendu des mondialistes. C'est presque à se demander si François Hollande n'est pas tout simplement un saboteur en puissance. Néanmoins, en France, il existe différentes formes de mouvements "démocratiques" qui s'attachent véritablement à honorer la définition de ce qualificatif si compliqué à concrétiser. Il y a des alter-mondialistes, il y a de nombreux groupements qui pointent les manques de légitimité d'une Union Européenne largement soumise à cette hégémonie américaine inintelligible, qui n'a de cesse de passer outre leurs revendications ou leurs rejets, même dans les urnes. Il y a même en France des millions de personnes qui rêvent de l'écriture citoyenne d'une nouvelle constitution, des gens qui ont à priori raison d'exiger un contrôle bien plus serré de leurs dirigeants. Car en France, on s'inquiète aussi de tous ces enjeux de pouvoirs occultes qui empoisonnent aussi bien l'air que les assiettes de nos enfants, on s'inquiète de ces divisions ethniques nauséabondes et de potentielles guerres inutiles. Pour finir, on a très bien compris, en France, qu'un "socialiste dont l'adversaire est la finance et qui engendre une loi asservissante comme la loi travail", n'est qu'une forme de perversité qui doit cesser. Vendra-t-on pour autant nos âmes à Marine Lepen prochainement? #mondialisation #Élections #Etats-Unis