Cécile Duflot, via Twitter, souhaite ‘’une très belle campagne’’ à Yannick Jadot qui a remporté le second tour de la primaire d’Europe Écologie-Les Verts, devant Michèle Rivasi, avec 54,25% des voix. Karima Delli, Michèle Rivasi et Cécile Duflot ont pris la pose pour la photo à ses côtés, et ne mégoteront pas leur soutien. Le candidat espère aussi obtenir des coups de pouce de Nicolas Hulot. Eva Joly tentera un retour sur la scène médiatique pour dire tout le bien qu’elle pense du collectif. Le seul bémol, ce sont les votes blancs et la baisse de participation au second tour (près de trois mille votes évanouis). Tout est bien et en ordre de marche pour #EELV.

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Sauf que… il faudra trouver des parrainages, et #Jean-Luc Mélenchon veut travailler au corps les élus écologistes. C’est assez fratricide et il faudrait que ‘’Méluche’’ s’assouplisse sur les relations avec la Russie (et rende impossible une candidature validée EELV, ce qui créera des ressentiments), pour que les écologistes envisagent de se rallier, faute de pouvoir combattre sous leurs propres couleurs. De plus, il est confronté au même dilemme que Pierre Laurent, du PCF. Passé le premier tour de la présidentielle, il y a les législatives. Qui passent par des concessions du PS pour obtenir des circonscriptions gagnables.

Un garçon sympathique

Deuxième candidat masculin après Noël Mamère (2002) à représenter les écologistes aux présidentielles, Yannick Jadot peut séduire des électrices plutôt jeunes (les plus âgées semblant en pâmoison devant Emmanuel Macron).

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Il aura été désigné sans fort ressentiment de la part des électrices de Duflot, Delli ou Rivasi. De quoi dépasser la barre des 5% (et faire rembourser sa campagne par les contribuables), s’il obtient ses signatures ? Ce n’est pas du tout sûr et sa campagne devra tenir compte des très faibles finances actuelles. À peine une heure après la proclamation de sa victoire, le vainqueur twittait :

Sauf que… la base militante, en sa majorité, est exemptée d’impôt. Alors, oui, Jadot a beaucoup pour lui : ‘’très ouvert, très curieux, qui écoute (…) le contraire d’un homme de partir ligoté par son idéologie’’, résume Daniel Cohn-Bendit qui le crédite d’un engagement ‘’plus radicalement à gauche que moi’’. Mais pourtant hésitant sur les relations avec le PS. Peu avant le premier tour, il ne voulait pas tomber dans l’anti-Hollande.

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Entre les deux tours, il a musclé ses critiques du gouvernement, et demain… allez savoir.

Il est aussi consensuel parce que peu entouré d’une clique de tacticiens électoraux sachant s’assurer (au sens varappe du terme) de la cohésion d’un courant soudé. Il a été choisi par défaut, moins pour lui-même que contre Duflot. Tout comme Michèle Rivasi, sans doute finalement estimée moins charismatique qu’il peut le paraître. Mais toujours très bien estimée. Les deux, selon Jean-Vincent Placé, étaient deux candidats ‘’archaïques’’, d’une ‘’écologie ultra-minoritaire, repliée, identitaire’’. Il invitera, en vain, Jadot à participer à la primaire socialiste. Montebourg lorgne aussi, autant que Mélenchon, sur les écologistes. Tout cela n’est qu’accessoire. La question primordiale pour le PC ou EELV reste : qui sera le candidat PS pour les présidentielles ? Soit Jadot s’affirme, mais les moyens pour ce faire lui manqueront, et il écornifle chez le candidat socialiste, du côté de Mélenchon, soit il stagne et risque de devoir jeter l’éponge pour ne pas laisser une formation exsangue, et encore plus dépourvue d’élus. #François Hollande