La multinationale produisant les insecticides et pesticides "tueurs d'#abeilles" vient de dissoudre sa filiale Française, quatre jours après son renvoi en correctionnelle. Pourquoi ? Pour échapper aux poursuites pénales engagées par l'Union Nationale de l'Apiculture Française, structure qui fédère les apiculteurs de France. Aujourd'hui, de nombreux apiculteurs se sentent de plus en plus proches de Jean-Luc Mélanchon, lorsque ce dernier dénonce les "entreprises et patrons voyous". Le monde des apiculteurs va de surprises en surprises. Il y a d'abord Le ministre de l'Agriculture qui refuse le moindre euro à l'apiculture. Il y a les mortalités massives des abeilles. S'y ajoute le comportement des pouvoirs publics qui oblige les apiculteurs à assumer la nouvelle gouvernance du sanitaire.

Cerise sur le gâteau pour les apiculteurs : après un marathon judiciaire de cinq ans, la multinationale des insecticides Syngenta semble bénéficier d'un immunité judiciaire au pays des droits de l'homme. Tout a débuté voici quelques années. Syngenta France déverse des quantités impressionnantes de semences de maïs déclassées et enrobées de produits chimiques mortels pour les abeilles (notamment l'imidaclopride plus connue sous le nom de Gaucho, le fipronil ou régent, le méthalaxy, l'anthraquinone et le fludioxonil) sur les terrains d'un agriculteur aux abois, en grandes difficultés financières. L'industriel de l'insecticide qualifie alors ce processus de "semis haute densité". Les apiculteurs du secteur, victimes du procédé, et les magistrats saisis du dossier constatent que l'industriel Syngenta a, en réalité, effectué une opération d'élimination de ses déchets chimiques, en violation des obligations légales. Celles-ci prévoient l'incinération des déchets. Un procédé coûteux pour l'industriel Syngenta.

Les apiculteurs dénoncent le comportement de voyou de Syngenta

Les juges d'instruction parisiens du pôle de santé publique et #environnement renvoient l'industriel des insecticides et pesticides devant le tribunal correctionnel, le 16 novembre 2011. L'affaire est embarrassante pour Syngenta. D'autant plus que beaucoup d'acteurs de la protection de l'environnement attendent, avec impatience, l'audience publique. Tous espèrent que la condamnation à venir de Syngenta donnera un coup d'arrêt aux pratiques inavouables de certains groupes agro-chimiques, soucieux de "faire du fric" avant tout. Et le coup de tonnerre survient. Syngenta préfère dissoudre sa filiale France plutôt que de répondre de ses actes devant la justice. Le tribunal correctionnel de Paris doit rendre un délibéré, après l'audience des 18 et 19 octobre 2016, sur la légalité de la dissolution de Syngenta Seeds Holding.

Dès à présent, Maître Bernard Fau, avocat de l'Union Nationale de l'Apiculture Française, a saisi les parlementaires et le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas. Maître Fau veut l'adoption d'une proposition de loi permettant de modifier le code pénal et ses dispositions afférentes à la responsabilité juridique des personnes morales. Pour qu'un tel comportement de voyou ne se reproduite pas dans l'avenir.