« Une loi injuste n’est pas une loi. ». Par le biais des réseaux sociaux, cette phrase célèbre de Saint Augustin vaut son pesant d’or en RDC. Accompagné des photos soit de Nelson Mandela, soit de Martin Luther King, les Congolais se disent dans le devoir moral de ne pas obéir à une loi injuste. Tous ces manœuvres visent à montrer la position des Congolais face à l’accord politique issu du dialogue de la cité de l’U.A. La panique se repend de plus en plus vite et la situation laisse à désirer en ces moments où on s’approche du 19 Décembre. Voici les dates politiques contre la date du peuple. Si les esprits se chauffent et les tensions montent, tout est question des dates ! Depuis le début de son deuxième mandat, le peuple redoute un glissement suite aux artifices brandis par le pouvoir en place :

Un professeur en droit et vice-premier ministre du gouvernement démissionnaire envisage la « mort de la nation » si la #Constitution n’est pas révisée, en visant directement son article 220 qui verrouille les dispositions-clés de la loi suprême du pays.

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Ce qui conduirait sans doute au changement total de la constitution.

Conditionné les élections par le recensement général qui allait durer jusqu’en Juillet 20017. Cette mesure attisa des manifestations entre le 19 et le 21 janvier 2015 que l’alinéa 3 de l’article 8 de la loi électorale, dont il s’agit, a été revu. Première victoire du peuple dans cette lutte.

La précipitation de la décentralisation n’est pas à mettre de côté. Divisée en 26 provinces selon les prévisions de la constitution de 2006, l’administration congolaise a continué à fonctionner dans son ancienne subdivision de 11 provinces. Ce n’est qu’à la veille des élections que les nouvelles provinces ont été décentralisées pour ajouter à la CENI, Commission Electorale Nationale Indépendante, un prétexte de plus, l’élection des nouveaux gouverneurs, pour repousser les élections présidentielles à des dates ultérieures.

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Le dialogue politique dit « inclusif » est venu affirmer la crainte et les incertitudes du peuple. Bien qu’une importante partie de l’opposition a boycotté ces assises et que d’autres en ont claqué la porte avant l’atterrissage, les opportunistes en ont vu un « Award » récompensant les politiciens déçus par le partage du pouvoir.

A l’issu de ce dialogue, il est ressorti un compris selon lequel le mandat du président #Kabila cours jusqu’à la tenue des élections en Avril 2018. Comme d’habitude, et non par surprise, non plus par déception, même cette date s’est vue repoussée jusqu’en Novembre 2018 à l’ouverture du nouveau dialogue convoqué par la CENCO, Conférence Episcopale Nationale du Congo.

D’où, le peuple rejette tout accord et tout compromis entre les politiciens car aucune de ses décisions, en plus de ne pas répondre favorablement aux inquiétudes du peuple, ne se réalise. Le seul moyen dont dispose le peuple pour protester contre tout ce qui précède est de manifester. Mais, si les politiciens jouissent de la liberté de proposer des dates et de les reporter, ce peuple qui ne jure qu’au nom du 19 Décembre, jouit-il aussi de la liberté de manifestation ?

La liberté de manifestation contre la liberté de répression

La liberté de manifestation est garantie par la constitution de la République Démocratique du Congo et y est régie par les articles 22 à 28.

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Cependant, depuis un certain temps, s’il en vaut la peine de généraliser, toutes les #libertés sont réprimées en RDC. C’est ainsi que nous avons assisté à des vagues des meurtres, lors des manifestations pacifiques, à des arrestations des activistes, des communautaires, des journalistes, voire même aux coupures du signal de certains médias et le scellement d’autres. Si le compte à rebours est lancé pour le départ du président Kabila et que le peuple est déterminé plus que jamais à descendre dans les rues, n’avons-nous pas à craindre la réplique des dirigeants déterminés plus que jamais à s’accrocher au pouvoir ?