En #Corse, le binôme de l'Assemblée territoriale a arpenté tous "les chemins de son pays". Une proximité visiblement appréciée : "Il y a longtemps, au village, que les gens ne s'étaient pas déplacés pour une réunion politique ! " Les dossiers un par un ouverts annoncent une féroce envie de réussir mais sans régner. Interrogés à la terrasse d'un café, des retraités peu bavards résument : "Eux c'est nous, nous c'est eux". Pourtant, la situation générale dans l'île n'est guère profitable à cette gouvernance.

Des services de l’Etat qui ne répondent plus

A Ajaccio, le délégué du Directeur Général des Finances Publiques tente de rencontrer le personnel.

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Pas une seule personne ne se déplace. Une attitude collective inédite qui confirme que le personnel de la DGFIP (Direction Générale des Finances Publiques) n’est plus disposé à écouter les discours compatissants et rend le mépris avec lequel il dit être traité au quotidien. Les propos de François Fillon, selon lesquels "la Corse fait une sorte de déprime, elle a eu le sentiment d'être abandonné par la République" se révèleraient-ils exacts ?

Sur le terrain, entre suppressions d’emplois, fusion déménagements, regroupements, les services de l’Etat et particulièrement ceux de la Direction Générale des Finances Publiques de Corse touchent le fond. Revendiquer la prise en compte d’une situation économique et sociale particulièrement dégradée (taux de chômage, seuil de pauvreté, cherté de la vie …), est un combat ancien et permanent.

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Les paramètres locaux sont incontestables : le handicap de l’insularité est constitutif au particularisme de l’île. La situation des services est "jugée très préoccupante " avec un désordre fiscal général, en matière de foncier, de successions et l’absence de mise à jour des fichiers.

Le chaos est là : "on a touché le fond" commente un fonctionnaire. Ce 8 décembre, au palais Bourbon, le débat parlementaire a porté sur la proposition de loi sur l'assainissement cadastral et la résorption du désordre de la propriété (dossier dit de l’arrêté Miot). Ce moment a réuni toutes les composantes politiques de l'île. Adopté à l'unanimité, l’ avenir de la Corse semble résolument en marche.

La cour des comptes valide une pression fiscale supérieure à la moyenne nationale

Face à Charles de Courson, député de la Marne, Gilles Siméoni démontre, chiffres à l’appui, que les Corses n’échappent pas à la pression fiscale. Mais de quelle fiscalité parle-t-on ? L’île dispose d'une situation géographique qui attire.

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Elle est le joyau noyé de la méditerranée. Son ratio de résidences secondaires est supérieur à la moyenne nationale (INSEE). S’il apparaît qu'une partie des Corses vivant sur le continent rentrent sur l'île durant les vacances, il apparaît également qu'une grande partie des résidences secondaires font l'objet de locations estivales échappant à tout contrôle de l'Etat. Il en va de même pour les ventes de ces biens via des SCI à transparence fiscale très discutable.

Les professionnels du tourisme corses ont dénoncés les inégalités de traitement. Réguler cette économie souterraine et rétablir "l'état de droit" cher à la République n'est pas d'actualité en Corse dans ce domaine. On ne s'étonne plus des propos du député maire de Sarcelles François Pouponi : "Dans ce pays, il ne faut pas être Corse, à l’Assemblée nationale, l’ambiance relative à la Corse est nauséabonde." Les Corses adhèrent au binôme Talamoni-Siméoni, un leader courageux, à deux têtes, pour aller vers l'avenir. Mais les services de l’Etat, en déliquescence, sont-ils en mesure de répondre aux ambitions de la Collectivité Territoriale Unique? #fiscalité #nationaliste