Est-ce qu'on marche sur la tête au pays de Voltaire ? C'est la question que pose le député suisse Addor. Ce parlementaire helvétique refuse "que la #Justice française devienne la police mondiale de la pensée". Il écrit son indignation au Ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, après que le citoyen suisse Alain Jean-Mairet, ait été victime de poursuites et d’une condamnation pénale devant la 17ème Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris. Alain Jean Mairet comparaissait en qualité de rédacteur responsable du site d’informations Riposte Laïque, édité par l'association Riposte Laïque Suisse.

Pourquoi une telle indignation au Parlement Fédéral Suisse ? Tout simplement parce que Jean-Luc Addor assimile cette condamnation d'un citoyen suisse à une véritable déclaration de guerre des juges Français contre la #liberté de la presse Suisse et contre la liberté de la presse en général. Il est vrai que le député Addor est un avocat réputé et redouté en Suisse, tout en assumant un mandat de député au Parlement fédéral.

Les juges ont-ils vocation à vérifier le contenu des articles de presse ?

Dans le très long courrier qu'il vient d'adresser au Ministre Français de la Justice, Jean-Luc Addor démontre que la "condamnation en France d'un citoyen suisse en raison du contenu d’un article écrit par un apostat tunisien et publié depuis la Suisse sur un site d’informations édité par une association ayant son siège en Suisse, fait fi de toute souveraineté territoriale". Le même député Jean-Luc Addor dénonce le motif de cette récente condamnation et conteste le raisonnement des juges Français. Son concitoyen Mairet aurait été sanctionné au motif que les articles diffusés sur ce site seraient accessibles en France

Pour ce député, adepte de la souveraineté suisse et de l'indépendance mondiale de la pensée, cette condamnation, émise par des magistrats parisiens apparaît "comme une véritable révolution dans le domaine de l’application de la loi pénale dans l’espace, qui transforme la Justice française en une sorte de gendarme mondial de la liberté d’expression, pour ne pas dire de police mondiale de la pensée....". On peut être pour ou contre les articles diffusés par Riposte Laïque, mais les limites à la liberté d'expression semblent bien mises à mal, comme le relève le député Addor. D'où cet émoi au parlement suisse, et cette prise de position, alors qu' Alain Jean-Mairet, qui a fait appel de cette condamnation, doit comparaître prochainement devant la Cour d’Appel de Paris.

Nous avons contacté, par téléphone, le cabinet du Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, afin d'obtenir une réaction du Ministre de la Justice. Embarras évident de notre interlocutrice, qui précise : "Le dossier Alain Jean-Mairet devant être examiné par les juges, nous respectons l'indépendance de ces derniers. Aucun commentaire ne sera fait". Dans une France où le Ministre Urvoas se transforme en "moine-soldat" de l'anti-terrorisme, où beaucoup de citoyens se demandent si nos mesures anti-terrorisme constituent un arsenal législatif adapté , l'intervention du député suisse Addor en faveur de la liberté de la presse, en plein Etat d'urgence, suscite bien des interrogations. Il est vrai que le Parlement Français abrite près de 900 députés et sénateurs. Pas un seul n'a posé cette question !

L'intervention du député suisse Addor semble avoir déstabilisé la Chancellerie, confrontée à de plus en plus de sujets sensibles, dans un certain nombre de départements, où les habitants manifestent contre les migrants, de Calais à cette colère exprimée en Ardèche, département submergé par le chômage et les migrants . Or, ces manifestations sont relayées par le site Suisse Riposte Laïque, ce qui indispose bien des magistrats proches du pouvoir.