Excluons les observateurs et les simples curieux peu convaincus par le candidat à la présidence de la République, pour estimer à près de 12 000 personnes prêtes à l’élire : porte de Versailles à Paris, Emmanuel Macron a fait davantage que le plein de la grande salle du Palais des congrès. Cela peut surprendre, ou conforter l’idée que le nouveau ‘’dents blanches’’ (surnom du centriste Jean Lecanuet) confirmera les prévisions des instituts de sondages qui le donnent en progression constante. Se positionnant centre-gauche pragmatique, #Emmanuel Macron est en passe de réaliser une OPA sur le centre-droit et même sur, peut-être, qui voyait, à droite, un candidat acceptable en la personne d’Alain Juppé.

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À cinq mois du premier tour, on lui prédit de ravir la troisième place à Jean-Luc Mélenchon (ou Manuel Valls si ce dernier remportait la primaire de la gauche PS & consorts). Ce qui est sûr, c’est qu’il a réussi une très belle prestation, faisant preuve d’une prestance de tribun aguerri, à la gestuelle dynamique, aux intonations pugnaces, applaudi et ovationné tour à tour.

Programme flou, novateur ?

Beaucoup de belles phrases, peu de propositions concrètes. Du plus d’#EUROPE, plus protectrice, avec un marché européen unique du numérique, par exemple, et un projet environnemental ambitieux. Des accents à la Donald Trump quand il s’agit de résister au dumping des pays extrême-orientaux ou aux prises de contrôle des investisseurs étrangers. Certes, ‘’mais comment le faire (…) face à des géants internationaux ?’’ Eh bien, on attend la réponse circonstanciée et l’invocation évoque fort la célèbre boutade du général de Gaulle (qui visait le très européen Jean Lecanuet).

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Que pèsera le cabri Macron face à 27 autres chefs d’États aux intérêts divergents, influencés par les États-Unis ou la Russie ou d’autres puissances, au gré d’intérêts commerciaux nationaux ou… plus personnels ? Cela dépendra de ses résultats économiques… Qui ne sont pas plus garantis que ceux que promettent ses adversaires. Quelques autres pistes ont été esquissées comme, par exemple, sur le plan intérieur, la vocation des métropoles à fusionner, comme à Paris, avec leurs départements respectifs.

Des réactions mitigées

Emmanuel Macron a fini son allocution la voix presque cassée, sous des applaudissements nourris d’enthousiasme. Il est clair qu’il peut persuader, qu’il élargira son assise électorale. Il n’empêche qu’il convient aussi de prêter l’œil aux commentaires sur les divers sites ayant retransmis ou résumé son allocution. Il a parlé près d’une heure et demie mais peu convaincu qui doute de ses capacités du fait de sa courte expérience gouvernementale. Et puis, principalement, il lui est reproché d’avoir beaucoup parlé pour chauffer la salle et au final, n’avoir pas annoncé grand’ chose hormis des intentions peu détaillées.

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On aura aussi remarqué que le nouveau ‘’dents blanches’’ n’a guère rassemblé de ‘’sans-dents’’ : il a renforcé son profil de candidat des cadres, des fonctionnaires des catégories supérieures, de certains indépendants ou membres de professions libérales. Sans doute aussi de vieilles dames, de tous milieux, séduites par sa jeunesse et son allant. Uber-Macron (soupçonné de vouloir ubériser davantage le monde du travail) suscite encore maintes réticences. Se dire ‘’le candidat du travail’’ (l’antenne de Nicolas Sarkozy) peut séduire, mais le manque de détails sur ses conditions (ébauchées par la version initiale de la loi El Khomri) peut rebuter de larges couches électorales. En revanche, transférer sur la CSG les cotisations maladie et chômage peut lui valoir des ralliements dans diverses catégories socio-professionnelles mais lui en aliéner d’autres (notamment des retraités aux revenus convenables, qui participent massivement aux diverses élections). L’engouement qu’il suscite est net, il s’élargira, mais jusqu’à quel point, et pour quelles réelles échéances ? Pour résumer : combien de députés En marche s’il ne parvient pas à se faire élire ? #Élections