Le débat sur les valeurs a été un leurre, l’essentiel est sur l’économie. Fillon n’est pas facho. C’est un politique froid, discret, qui a été plébiscité par la Droite bourgeoise, catholique et non celle populaire de Nicolas Sarkozy. Fillon a été élu car son projet politique et économique était le plus abouti. Sur le plan économique, sans rien dire, il a présenté un projet adoubé de façon silencieuse par #Bruxelles et les marchés financiers.

Analyse

L’Etat est en faillite avait dit Fillon. Il faut le lui reconnaître. Les sarkozystes et les autres s'étaient précipités pour dire qu’il se trompait. Fillon a fait un diagnostic clair et lucide en regardant Bruxelles, les marchés financiers et l’Allemagne.

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Pour ces trois acteurs, la France a besoin d’une politique d’austérité (baisse des salaires, moins-disant social, déréglementation, libéralisation tous azimuts, privatisations, réduction du nombre de fonctionnaires) afin de retrouver des marges en termes de compétitivité et d’excédents commerciaux. C’est l’exemple allemand et chinois. Nous sommes donc au cœur de la politique économique de #François Fillon.

Le cœur de la politique économique de François Fillon :

Supprimer l’ISF, réduction de 500 000 fonctionnaires considérés comme fainéants et improductifs, hausse de la TVA de 2 points, privatisation de la part de l’Etat dans les grandes entreprises publiques, âge de départ légal à 65 ans, privatisation d’une partie de la sécurité sociale considérée comme monopole couteux et inefficace. Voici quelques éléments de ce que François Fillon a dit aux Français dans son deuxième débat avec Alain Juppé.

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La vérité est ailleurs car il n’a pas dit l’essentiel. Le cœur de la politique économique de François Fillon est l’alignement de la politique salariale française sur les attentes des marchés financiers qui estiment qu’au nom de la compétitivité et d’une politique salariale déterminée par l’austérité, la France pourra dégager des excédents qui vont attirer de nouveaux actionnaires, complètement séduits par la rentabilité des actions françaises. Pour accompagner cette politique salariale stricte et austère, Fillon propose la disparition de l’ISF pour rendre plus favorable l’investissement des actionnaires français qui pourront placer leurs capitaux sur le marché financier pour valoriser leurs portefeuilles financiers et non industriels.

Nous sommes dans un paradigme économique dans lequel la confrontation traditionnelle capital/travail se fait au bénéfice du capital, sous le couvert de fausses allusions du type « il faut privilégier les conditions d’existence du capital en France pour favoriser l’investissement et l’emploi ».

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Cette approche est erronée et fondamentalement idéologique. Nous sommes dans un univers actuel dans lequel les taux d’intérêts sont négatifs, avec une liquidité abondante. Pourquoi les entreprises françaises n’investissent-elles pas pour créer des emplois ?

Ce que Fillon ne dit pas aux Français est que les liens entre sphère réelle et sphère financière ne fonctionnent plus comme dans le modèle avant les années 1980. Aujourd’hui, les marchés financiers se contentent des dettes publiques d’Etat (ce qui en d’autres lieux se serait traduit par une augmentation des taux d’intérêt, ce n’est pas le cas actuellement).

Fillon dit que les taux vont surement augmenter, ce qui va alourdir la charge de remboursement de la dette de l’Etat Français. Les travaux économétriques ont montré, selon la règle de Taylor, que l’endettement de la France, aujourd’hui avec des taux proches de 0, n’alourdit pas la charge de remboursement parce que le taux de croissance potentiel de l’économie et le taux d’inflation sont quasiment équivalents.

Sans le dire, Fillon profite de la sidération de ses adversaires, hier à Droite dans la primaire, et aujourd’hui à gauche pour entretenir le flou. C’est vrai que la plupart des journalistes français ne sont pas très formés à l’analyse économique spécifique des taux d’intérêts, des dettes et au renouveau de la pensée économique. #Gouvernement