Le jury du #Press Club, pour son prix Humour et Politique, a distingué François Fillon pour un prémonitoire ‘’Juppé fera un très bon maire de Bordeaux’’. Mais Philippe Poutou (NPA) n’a pas non plus fait dans la dentelle avec un ‘’Hollande est satisfait de son bilan, c’est pour cela qu’il le dépose’’. Ont aussi été remarqués Alain Juppé (‘’J’aime bien aller à la messe parce qu’au moins, pendant une heure, personne ne vous emmerde’’), Jean-Yves Le Drian pour un singulier ‘’je suis une tombe, et quand on est une tombe, on l’est à vie’’ (en linceul de Lorraine ou en bière d’Alsace ?), François Hollande (‘’Toutes les décisions que je prends, je les prends avec moi-même, dans un dialogue singulier’’ ; soit son for intérieur à l’écoute de… son monopole du cœur ou ses gargouillis intestinaux ?).

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N’oublions pas le jeune Emmanuel Macron qui entre dans la carrière des perfides avec un ‘’les deux grands partis, c’est l’amicale des boulistes ; mais sans l’amitié et sans les boules’’ (et lui fait cochonnet à part ?).

Onzième édition

C’est la onzième édition de ce prix décerné par des journalistes du Press Club et bien évidemment, les crus annuels sont souvent inégaux. En 2016, Bruno Le Maire l’avait emporté haut la main d’un lucide ‘’mon intelligence est un obstacle’’. Mais François Hollande avait obtenu pas moins de cinq citations, dont la plus mémorable restera ‘’l’afflux des migrants est une situation exceptionnelle qui va durer’’, un oxymore qui n’égalera pas le fameux ‘’c’est vous le n**** ? Eh bien, continuez’’ (au Noir, ou major de Saint-Cyr), de Mac-Mahon, mais digne de la postérité.

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La quasi-redondance du ministre de la Ville, Patrick Kanner, au sujet de Michel Platini, ‘’sa fin de carrière est aujourd’hui terminée’’, lui valut une éphémère notoriété. Moins évidente, la nomination de Ségolène Royal pour un ‘’l’égalité homme-femme est une condition indispensable à la réussite de la lutte contre le dérèglement climatique’’ (cela se peut, et il ne s’agissait pas de reléguer Laurent Fabius aux orties). Mais on se souviendra d’un Nicolas Sarkozy ayant fort peu travaillé et envoyant à François Baroin (ex-journaliste), un ‘’il a du talent : pour quelqu’un qui ne travaille pas, il a fait une belle carrière’’. Donald Trump, que l’on dit aussi candidat au Médicis étranger 2017, avait sorti ‘’je connais bien le monde ouvrier ; j’en ai licencié des milliers’’ (il passera depuis aux fonctionnaires, climatologues, chercheurs écologistes, &c.).

Humour d’anticipation ?

Le premier prix fut décerné en 2003 et on pourrait imputer à présent aux primaires de la gauche ce que Laurent Fabius disait des congrès du PS : ‘’nous passons un temps considérable à préparer nos décisions, un temps faible pour les prendre et un temps nul pour les appliquer’’.

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Les ‘’raffarinades’’ plaçaient leur auteur hors-concours, mais il se rattrapa les années suivantes. 2004 vit Jean-Louis Debré considérer que la Corse ne puisse devenir une ‘’île séparée du continent’’ (moins facile que de prolonger le bd Saint-Michel jusqu’à Deauville). Michel Charasse n’avait pas reculé devant la facilité d’un ‘’Mamère Noël est une ordure’’ (après un mariage homo à Bègles). En 2005, Nicolas Sarkozy (avec une barbe de trois jours) assurait ‘’je ne suis candidat à rien’’. Robert Hue aurait pu dire ‘’si Trump et Park Geun-hye avaient eu un enfant, ils l’auraient appelé Fillon’’ (il s’agissait de Bush, Thatcher et Sarkozy). Dix ans plus tard, Gérard Longuet se distinguait avec l’encore actuel ‘’Hollande est pour le mariage pour tous… sauf pour lui’’. Il y eut aussi Jacques Lang (‘’Je ne voulais pas être parachuté d’en haut’’). En 2010, on retiendra de Patrick Balkany ce ‘’je suis l’homme le plus honnête du monde’’. Il faut croire qu’il le restera autant que le comte de Saint-Germain. A méditer en vue des primaires et des présidentielles, le G. Bachelay de 2009 : ‘’la présidentielle, Hollande y pense en nous rasant’’… #Politique #François Fillon