Il était le syndicaliste de Florange outré par l'abandon hollandais de l'usine ArcelorMittal. Dorénavant, Edouard #Martin a choisi de rejoindre les rangs de #Benoît Hamon, car il a été touché par son projet social et par son discours sur le travail. C'est une grande victoire pour le candidat socialiste au niveau des idées : il a su convaincre un grand allié d'Arnaud Montebourg en menant un discours plus favorable aux questions ouvrières. Dans une interview à Libération, l'eurodéputé s'explique sur les raisons de son soutien à Benoît Hamon.

Pourquoi Hamon plutôt que Montebourg

Le choix s'explique facilement par les idées : Edouard Martin est favorable, lui aussi, à ce que l'on donne une plus grande place à la société civile.

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De plus, il rejoint aussi Benoît Hamon sur la question de la légalisation du cannabis. J'évoquais le discours sur le travail, et en effet l'eurodéputé qui, en tant que syndicaliste et ancien ouvrier, a travaillé plus de 35 ans dans une usine, a été véritablement charmé par l'approche que fait le frondeur du travail. Tout comme lui, il souhaite faire du travail "un lieu d'émancipation, et non pas un lieu de souffrance." Autrement dit, il faut que les politiques remettent l'ouvrier, l'employé et le salarié au coeur de leur mandat, sans craindre le chantage permanent du patronat. En outre, ce qui plaît à Edouard Martin est qu'il ne se pose pas en pourfendeur de l'Europe. Or, pourfendre l'Europe est devenu à la mode chez de nombreux politiciens de la gauche radicale : il est vrai qu'elle fonctionne désormais très mal, qu'elle déplaît, mais un recours est toujours possible.

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L'union des socialistes et des démocrates européens doit permettre de changer la donne au niveau européen pour que ses citoyens lui fassent de nouveau confiance. Ainsi, Benoît Hamon évoque une Europe plus sociale : l'Europe doit continuer de vivre, mais elle doit être réformée. De plus, ce dernier a l'avantage de connaître ses dossiers et d'avancer des propositions inédites comme le revenu universel, le nouveau partage du travail et le pouvoir à donner aux citoyens.

Ce qui distingue Benoît Hamon d'Arnaud Montebourg, c'est que l'un est moins souverainiste que l'autre, autrement dit plus européen. Il ne faut pas craindre, aujourd'hui, de clamer haut et fort que l'on croit encore en l'Europe, et c'est cet atout que l'eurodéputé veut souligner. Bien entendu, mis à part ces considérations, les différences sont minimes entre les deux candidats et les deux projets. Il n'en reste pas moins qu'Arnaud Montebourg avait de bonnes solutions pour sauver le site de Florange lorsqu'il était à l'Economie et au Redressement productif, il aurait simplement fallu qu'on lui laisse les appliquer.

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L'ex-ministre a ainsi permis de "limiter la casse" sur le site d'Arcelor Mittal qui a maintenant fermé. Ces deux candidats ont donc une proximité qui permet presque à coup sûr d'affirmer que l'un soutiendra l'autre au second tour de la primaire, pour peu qu'ils ne se retrouvent pas l'un face à l'autre.

Benoît Hamon : "la" solution après la catastrophe Hollande

Edouard Martin regrette l'ambiguïté qui a couru tout au long de ce quinquennat : François Hollande a tantôt fait des mesures de gauche, tantôt fait des mesures de droite. Ce qu'il en ressort, c'est une certain flou, une indécision qui ne peut pas permettre de gouverner durablement et efficacement. Il s'est beaucoup moins adressé directement aux Français qu'à des journalistes, et il a rarement pu défendre son bilan devant les intéressés. Bref, il faut un homme de gauche qui mène une politique de gauche avec un gouvernement de gauche, sans ambiguïté. En outre, en tant qu'eurodéputé, Edouard Martin est bien placé pour savoir quel est notre intérêt à conserver la construction européenne. Oui au protectionnisme, mais non à la politique de la vaisselle cassée.