Voici donc Thierry Solère (soutien de François Fillon) se déclarant favorable au droit de vote dès l’âge de 16 ans. C’est aussi l’une des propositions de La France insoumise (J.-L. Mélenchon). Voyons d’abord l’état des lieux. Dernier en date des pays à l’avoir adopté, l’Écosse, lors de son référendum pour l’indépendance. En Catalogne, c’est aussi envisagé. En Croatie, en Slovénie, l’inscription est effective à cet âge si employé ou travailleur indépendant. C’est aussi appliqué en Autriche, et pour les élections locales dans cinq länder allemands. De même en Argentine, au Brésil, à Cuba, au Nicaragua, en Équateur, et, avec des restrictions (selon les types d’élections) c’est de nouveau envisagé en Italie… Par ailleurs, des pays aux populations vieillissantes, comme le Japon, y songent fortement.

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Ce fut aussi mis à l’étude en France, en 2013, mais demeuré sans suite.

Pour ou contre ?

Avancer l’âge de la majorité électorale à 16 ans pourrait entraîner des conséquences étonnantes si l’âge d’éligibilité était aussi ramené à 16 ans. De jeunes animatrices d’émissions pour adolescents, de jeunes blogueurs ou chanteurs auraient toutes leurs chances d’obtenir des votes (qui ne se porteraient pas sur des candidates ou candidats plus âgés défendant un programme plus solide). Bref, le contre réside dans l’appréciation de la maturité des jeunes électeurs. Le pour consiste essentiellement à rééquilibrer la participation au vote, parfois quasi-majoritaire ou très généralement fort influente, des personnes âgées. L’alternative, qui a parfois été envisagée, serait de restreindre le droit de vote en fonction d’un âge limite (soit strictement, soit par pondération, une personne âgée de plus de x années ne disposant plus que d’une fraction de voix, trois-quarts ou une demie-voix, un tiers, &c., la mesure pouvant s’appliquer progressivement selon l’âge).

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L’autre argument en faveur de l’abaissement tient à l’implication des jeunes électeurs dans l’action civique. Il est notable que les plus jeunes tendent plus souvent à s’abstenir ; accorder plus tôt le vote vaut incitation à davantage s’impliquer, ce qui fut constaté en Écosse et ailleurs. En revanche, il peut être redouté que l’octroi de ce droit à cet âge puisse inciter les législateurs à rabaisser la majorité pénale ou l’âge minimum d’obligation de scolarité, ou étendre le nombre d’heures de travail hebdomadaire des jeunes travailleurs.

Total ou restreint ?

Diverses municipalités ont instauré des conseils municipaux consultatifs pour grands enfants et adolescents. Faut-il adopter le #vote à 16 ans pour toutes les consultations électorales ou le limiter à certaines catégories d’élections ? Soit selon l’étendue des pouvoirs des divers élus ? Dans le canton suisse de Glaris, la majorité électorale à 16 ans s’applique pour les élections locales et cantonales. D’autres cantons l’envisagent (Neuchâtel, Bâle-Campagne).

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En France, et dans l’ensemble de l’Union européenne, la question est moins clivante que celle du vote des étrangers, souhaité par certains partis, repoussé par d’autres. Les principales formations politiques ne se prononcent pas contre, le Front de gauche semblant majoritairement pour puisque c’est une proposition inscrite dans le programme de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Ce qui semble avéré, c’est que la plupart des jeunes votant dès leur majorité électorale s’abstiennent peu par la suite, en tout cas moins que ceux ayant négligé de s’inscrire sur les listes ou laissant passer les premières échéances sans participer. La France a progressivement abaissé la majorité électorale de 30 ans à 25, 21, puis 18 ans (présidence VGE, 1974). L’âge d’éligibilité est quant à lui fixé à 18 ans (23 antérieurement) sauf pour les sénatoriales (à présent 24 ans et non plus 30). La tendance est donc à la baisse et dans certains pays, il est préconisé que les parents puissent voter pour leurs enfants, quel que soit leur âge. #Élections