Cela devient récurrent. Si l’on peut estimer que le décès d’Abdelaziz #Bouteflika, dit Boutef’, est prévu par une relève préparée à lui succéder qui serait déjà partiellement en place, divers titres de presse agitent l’idée qu’une guerre civile interromprait le processus de transition. Ce qui s’observe, c’est qu’en dépit d’un état de santé plus que chancelant, le gouvernement algérien inflige au président des inaugurations (celle de la ligne ferroviaire Birtouta-Zéralda hier) au cours desquelles il peut difficilement prendre la parole ou quitter son fauteuil roulant. Dernier en date des supports à évoquer une guerre civile imminente en #Algérie, le britannique The Spectator.

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Selon Stephen Pollard, journaliste crédible, les islamistes algériens ont renoncé à reprendre le pouvoir par les urnes (48 sièges obtenus en 2012 sur 462) mais ils auraient déjà remporté la guerre culturelle. À l’appui de ses dires, il invoque la propagation du voile féminin, aussi peu usité voici plus d’une décennie qu’en Tunisie urbaine, beaucoup plus présent de nos jours. Aussi l’achèvement prochain de la troisième plus vaste mosquée au monde (après celles de La Mecque et Médine), la plus grande d’Afrique, dotée d’un plus haut minaret (270 m) à proximité d’Alger.

Hypothèse… hypothétique

Affirmer inéluctable un soulèvement islamiste profitant d’une crise de régime en Algérie peut sembler relever du pur fantasme catastrophique. Voilà bientôt quatre ans que Boutef’ a été victime d’une première attaque cérébrale.

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Son mandat prendra fin en 2019 et il n’est pas exclu qu’il puisse l’achever. La crise kabyle semble en voie de résorption (avec, depuis février dernier, le tamazight devenu langue officielle et le lancement d’une chaîne de télévision berbère). Vers 2019, l’Algérie devrait compter près de 43 millions d’habitants et il n’est pas du certain qu’en cas de crise, entre 10 et 15 choisiraient de traverser la Méditerranée, ou y parviendraient, comme certains ‘’experts’’ le prédisent. Mais pour les partisans britanniques d’un Brexit dur et prompt, dont la perspective semble s’éloigner, ou au moins faiblir, brandir cette menace hypothétique est un moyen de tenter de faire accélérer la rupture entre le Royaume-Uni et l’Union européenne…

Marine Le Pen plébiscitée

Selon Stephen Pollard, le décès de Bouteflika peut survenir d’un jour à l’autre, et probablement avant le premier tour des élections françaises en avril prochain. Dans ce cas, qui ne peut être exclu, mais ni plus ni moins que d’autres, la probabilité d’un soulèvement peut sembler crédible.

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Reste à estimer son ampleur… Et celle de l’exode qui s’ensuivrait. Il est très vrai que les troubles de la décennie 1990 se sont accompagnées de départs, tant de personnes menacées par les islamistes que de suspects d’appartenir au FIS ou à d’autres mouvements islamistes. Il n’est pas sûr que cette perspective soit fondée, il est en revanche quasi-certain que plus on se rapprochera des présidentielles françaises, sa propagation enflera. Il suffit de consulter dès à présent les sites de l’extrême-droite ‘’hors les murs’’ et d’autres souhaitant l’accession de #Marine Le Pen à l’Élysée (mais n’étant pas des sites officiels du FN), et divers forums, pour en être à peu près convaincu. Stephen Pollard l’affirme, toutes les agences de renseignement européennes planchent sur ce scénario. Qui impliquerait un vote massif pour Marine Le Pen en France. S’il est clair que les services secrets étudient toutes sortes d’hypothèses improbables (le contraire serait déconcertant), cela n’implique pas qu’elles se réalisent. Mais en agiter le spectre présente au moins un avantage outre-Manche : annoncer l’effondrement de l’Union européenne et plaider pour la mise en œuvre du Brexit avant… qu’il ne soit trop tard. Rappelons que The Morning Star et The Spectator ont été les deux titres à se prononcer clairement en faveur du Brexit (dès 1975 pour ce dernier). Des pays épars négociant chacun avec le Royaume-Uni, telle est la perspective espérée.