C’est farce. Non, pas davantage que Claude Nougaro, je n’ai très envie d’être un Noir (sauf, peut-être dans l’entourage privilégié d’un actuel Bokassa qui me couvrirait de diamants… quoique…). Mais finir comme Victor Noir au Père-Lachaise, pourquoi pas ? À la suite d’un duel à la ceinture d’explosifs. Personne n’en réchappe. Chiche ? C’est foldingue, la postérité. Pierre-Napoléon Bonaparte était une gauchiasse, comme vous dites, vaguement anarco-romantique, mais ne dédaignant pas de massacrer du bougnoule, du crouillat, du melon. Il a tué Victor Noir, sa nième victime. Peut-être une canaille réactionnaire mais collaborant au même titre, Le Pilori, que l’estimé Jules Vallès. Eh bien, voilà, nous en sommes revenus là

Fier d’être journalope gauchiasse

Eh oui, j’ai collaboré à des ‘’merdias’’. Ben, je n’en étais pas propriétaire. Peu de journalopes gauchiasses le sont (peut-être au Canard enchaîné ?). Contrairement à ceux qui nous désignent journalopes gauchiasses, je ne suis pas né avec une cuillère en argent dans la bouche, j’ai travaillé de mes mains (pas que comme compositeur de presse, mais aussi chauffeur, récureur de barils toxiques, &c.), ou de mes pieds (homme-sandwich, démarcheur, &c.). Ce sont surtout des assistés, filles et fils de bonnes familles, casés dans des jobs peinards, ou pompant les parents, qui nous traitent majoritairement de journaleux vendus. Ou des aigris qui n’ont pas réussi à faire les carrières politiques des anciens du Gud, d’Occident, d’Ordre nouveau, tous anciens ministres ou actuels sénateurs. On naît futur journaliste gauchiasse, faute de relations bien placées, mais ce n’est pas inéluctable. Car à présent, on peut croûter mieux en diffusant des fausses nouvelles, en cirant les bottes d’un Poutine, d’un Trump, d’un Farage, d’une Marion Maréchal-Le Pen, ou faire la carrière d’un Robert Ménard. Tout le monde n’a pas le talent d’un Noël Mamère, au chaud en sa mairie de Bègles (je ne sais plus où, lors d’un raout champêtre avec Brice Lalonde, il m’avait incité à le suivre, mais je préférai, bêtement, alors, rester jounalope gauchiasse : j’ai eu tort, en me rasant, je pourrais rêver du Conseil constitutionnel).

J’préfère encore écrire pour Google

Quant à faire un sale métier, autant le faire salement (Darien, Le Voleur). Quand nous tentions une presse alternative réellement indépendante, s’efforçant vraiment de tendre à l’objectivité (et même donnant la parole à tout le monde, y compris aux commissaires-priseurs sous étiquette Front national rigolant du soutien des gogos de tout en bas), les mêmes nous accablaient de procès, de pressions, de manœuvres, voire d’agressions frontales. Eh bien oui, tel un Denis Robert (bizarre, il n’est plus catalogué #journalope gauchiasse après son combat contre Clearstream), nous avons bouffé au râtelier de la presse qui rémunère. J’en suis un tel point d’écœurement que je préfère encore écrire pour Google. Mais je songe à la rédemption. Répondez donc à ma prière, exaucez-là, organisons un duel. Contrairement à Victor Noir, mort à 21 ans, je suis quasi un vieillard. Opposez-moi donc une jouvencelle, un godelureau ardent, dont vous aurez bourré la tête. Mes témoins seront de mes âges, tâchez de désigner votre plus jeune progéniture, votre juvénile engeance. Parce que tant qu’à prôner la guerre civile, sachez donc que les pépés et les mémés ne verseront pas aux orties sans se rebiffer. Que cela soit bien dit, et écrit, et prémonitoire. Suscitez donc des vocations de Marat qui sauront envoyer à l’échafaud, dont vous souhaitez le recours en grâce, vos Charlotte Corday. En guerre civile, il y a deux danseurs de tango. #Médias #Fachosphère